Education, travail, couple : l’art de se convaincre qu’on n’y peut rien, par Julia de Funès
C’est peut-être l’un des traits de notre époque : nous supportons de moins en moins les aléas et la contingence.
Qu’un malaise puisse tenir aux circonstances, au hasard ou aux flottements de l’existence nous paraît de moins en moins concevable.
Il nous faut une cause, et si possible une cause qui nous dédouane.
À chaque âge de la vie, nous transformons ainsi ce qui aurait pu être autrement en ce qui ne pouvait pas l’être… Chez l’enfant, le désordre devient volontiers trouble.
Une agitation ou une difficulté à se concentrer peuvent relever d’une pathologie réelle.
Mais toute turbulence n’est pas un diagnostic, toute opposition un syndrome, toute immaturité une maladie.
Certains comportements réclament aussi un cadre, des limites, de l’éducation.
Or le vocabulaire pathologique a cet avantage de transformer le contingent en nécessaire.
Ce qui pouvait relever de l’éducation devient affaire de biologie.
Derrière son explication, un diagnostic déresponsabilise : l’enfant ne peut pas faire autrement, donc les parents non plus.
Chez l’adolescent, le malaise cherche volontiers à devenir cause.
Les lycéens mobilisés ces derniers jours dénoncent des réalités concrètes : manque de professeurs, locaux dégradés, pression de Parcoursup.
Mais une mobilisation ne consiste jamais seulement à défendre une cause objective.
Elle donne aussi une explication extérieure à ce qui, intérieurement, reste incertain : l’anxiété, le sentiment de ne pas trouver sa place, la difficulté à se construire.
5News a agrégé ce résumé depuis le flux public du média. L'article complet, avec tout le contexte, est sur www.lexpress.fr — le contenu appartient à L'Express.