Référendums ou ordonnances ? Le nouveau clivage de la présidentielle 2027, par Jean-François Copé
En 2027, les Français ne choisiront pas seulement un président.
Ils choisiront aussi une méthode pour remettre sur pied une France malade de son impuissance politique.
Marine Le Pen a déjà trouvé son remède miracle : le référendum.
Règle d’or budgétaire, suppression du droit du sol, interdiction du voile dans l’espace public… A chaque problème, sa consultation ! Edouard Philippe vient d’annoncer une démarche inverse : engager dès son élection une vingtaine d’ordonnances pour une entrée en vigueur quasi immédiate : septembre 2027.
En apparence, deux outils constitutionnels.
En réalité, deux visions du pouvoir et un nouvel affrontement entre populistes et partis de gouvernement.
D’un côté, le référendum.
Quoi de plus séduisant que de "rendre la parole au peuple" ? Mais érigé en méthode de gouvernement, il devient vite l’alibi, la solution de facilité d’un(e) candidat(e) otage de son imprécision.
De l’autre, les ordonnances.
Un outil extrêmement efficace que de Gaulle avait utilisé en 1958 pour légiférer rapidement.
Avec l’autorisation et sous le contrôle du Parlement, le gouvernement peut adopter en Conseil des ministres, après avis du Conseil d’Etat, des mesures relevant normalement de la loi.
De quoi engager les grandes réformes dès le début du quinquennat ! Mais leur intérêt va bien au-delà : réconcilier les Français avec des partis de gouvernement auxquels ils reprochent, légitimement, un déficit de commandement, une insincérité chronique et une inefficacité permanente.
Leadership d’abord.
Annoncées pendant la campagne, les ordonnances obligent le candidat une fois élu à décider et à assumer.
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