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Monde

Élections au Kazakhstan: le président Tokaïev en passe d’assoir son pouvoir autoritaire

RFI ·
Élections au Kazakhstan: le président Tokaïev en passe d’assoir son pouvoir autoritaire

Au Kazakhstan, ce dimanche 23 août, plus de 12,6 millions d’électeurs sont appelés aux urnes pour élire les 145 députés du nouveau parlement Kurultaï. Alors qu’une victoire écrasante du parti présidentiel est attendue, ce scrutin doit permettre d’asseoir un pouvoir de plus en plus autoritaire, grâce à la nouvelle Constitution votée au printemps.

La nouvelle Constitution approuvée le 15 mars 2026 par référendum donnait le ton. Le Kazakhstan ne dispose plus que d’une seule chambre parlementaire, dont une très large majorité devrait être acquise au camp présidentiel. Cette institution apparaît même superflue : en effet, le président Kassym-Jomart Tokaïev peut, grâce à ces réformes, légiférer par décrets et nommer directement plusieurs responsables à des postes stratégiques. Ces derniers devaient, auparavant, être approuvés par le Sénat, qui n’existe plus désormais. Ces élections législatives s’inscrivent dans un contexte général de réformes qui assoient l’autoritarisme de plus en plus pressant et répressif du régime de Kassym-Jomart Tokaïev.

Entretien avec Catherine Poujol, professeure des universités à l’Institut national des Langues et civilisations orientales (INALCO), spécialiste de l’Asie centrale.

RFI : Les élections législatives du 23 août font suite au référendum de mars 2026 qui a conduit à l'adoption d'une nouvelle Constitution qui renforce les pouvoirs du président et transforme le Parlement en organe monocaméral. Pourquoi cette réforme ?

Catherine Poujol : Cette réforme permet de pacifier la société après des événements sociaux très brutaux, en janvier 2022, qui ont failli coûter son poste au président Tokaïev. Les manifestations avaient été violemment réprimées. Kassym-Jomart Tokaïev a réussi à se maintenir au pouvoir mais il a engagé toute une série de réformes. Ces élections législatives vont permettre la mise en place du nouveau Parlement où le camp présidentiel devrait obtenir une large majorité et ainsi prouver sa légitimité. Il y a une volonté de renforcer le pouvoir présidentiel en passant de deux chambres à une avec le parlement Kurultaï.

Il n'y a pas beaucoup d'opposants dans ce pays. Mais s’ils sont peu nombreux, ils font toujours peur au pouvoir : un seul grain de sable dans la machine peut suffire à l’enrayer. J'ai compté quatre personnes qui sont dans le collimateur du pouvoir, donc c’est peu. Les élections vont être surveillées mais on a quasiment déjà le résultat : le parti présidentiel sera largement majoritaire, avec entre 125 et 130 sièges sur 145.

La population est très déconnectée du pouvoir. C'est chacun vit dans son monde et les Kazakhstanais n’attendent pas grand-chose de ces élections. Ils sont très désillusionnés. Bien sûr, ils iront voter, il y aura peut-être des petites surprises, mais à la marge. Cela ne changera pas grand-chose au résultat général qu'on anticipe.

Selon un sondage réalisé en avril à la demande de l'Institut kazakh d'études stratégiques, le niveau de confiance du public envers le président Tokaïev s'élevait à 86,7 %. Comment expliquer ce chiffre ?

Ce sont les chiffres officiels.

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