Soudan: El Niño fait craindre une aggravation de la crise alimentaire provoquée par la guerre
Alors que plus de 40% de la population soudanaise est confrontée à une faim aiguë en raison du conflit qui déchire le pays, certains scientifiques qui étudient le phénomène naturel à l'oeuvre dans l'océan Pacifique estiment que le faible débit des eaux du Nil et l'assèchement de ses berges constatés actuellement y sont étroitement liés.
Des terres craquelées et des rives du Nil asséchées par la chaleur : alors que le phénomène El Niño s'intensifie en ce moment même dans l'océan Pacifique et vient conjuguer ses effets à ceux du réchauffement climatique d'origine humaine, en Afrique, l'ONU s'inquiète tout particulièrement de ses conséquences au Soudan .
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Ainsi, pour l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), la campagne agricole qui a lieu dans le pays se déroule aujourd'hui dans un contexte « de risque climatique accru, alimenté par El Niño », tandis que certains scientifiques qui étudient le phénomène dans la région estiment qu'il est étroitement lié au faible débit des eaux du Nil enregistré actuellement.
Résultat : quand celui-ci se manifeste à la fin du printemps comme cette année, le risque de sécheresse dans le sud-est du Soudan augmente fortement, aggravant la crise alimentaire qui y sévit en raison de la guerre qui déchire le pays depuis le mois d'avril 2023. Aujourd'hui, plus de 19 millions de Soudanais - soit plus de 40 % de la population - sont ainsi confrontés à une faim aiguë, chiffre qui fait du Soudan le théâtre de la plus grande crise humanitaire au monde en plus d'être celui qui enregistre aussi le plus grand nombre de populations déplacées sur la planète.
Temporaire et naturel, le phénomène El Niño, dont l'impact est principalement ressenti l’année suivant celle de son apparition, revient tous les deux à sept ans environ et s'étale sur plusieurs mois. L'épisode en cours, qui a débuté au mois de juin dernier , pourrait être « le plus intense » jamais observé depuis plus d’un siècle, selon les prévisions des scientifiques. Ses répercussions sur le climat mondial se font notamment ressentir via un retard dans l'arrivée des pluies.
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