Je vivais en courant comme un lièvre, et j’ai rencontré les tortues
Lorsqu’une tortue femelle éclôt, elle mesure à peine cinq centimètres, et son tout premier acte consiste à se lancer dans une course folle en direction de la mer. Pas un regard en arrière, pas une hésitation. Elle fonce. Elle passera les prochaines décennies à parcourir l’océan avant de retrouver son chemin jusqu’au banc de sable précis où elle est née, et d’y pondre ses œufs à son tour.
Son corps recèle une véritable boussole, une cartographie de sa plage programmée avant même qu’elle n’atteigne les vagues. C’est ce que les scientifiques appellent la “philopatrie”, le retour instinctif sur son lieu de naissance. Je me suis toujours imaginé que nous étions aussi porteurs de telles boussoles, des destinations vers lesquelles nous tendons avant même de savoir où nous allons.
Vers la fin de la trentaine, une peur s’est installée en moi, celle d’avoir déjà consommé l’essentiel de mon existence, d’avoir laissé derrière moi mes plus grands élans amoureux, de voir les portes se refermer peu à peu, et que la vie n’ait plus rien à m’offrir.
J’en étais si persuadée que je me suis résignée. Loin de chercher l’amour ou l’attention, j’aspirais seulement à me sentir en sécurité dans mon quotidien. Je voulais pouvoir me trouver dans la même pièce que mon par
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Article réservé aux abonnés Modern Love. J’adore les rendez-vous galants, mais je n’en peux plus des hommes qui me parlent de Burning Man
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