Blessures, manque d'émulation collective... Les raisons du désert du sprint français, privé de relais aux championnats d'Europe d'athlétisme
Seule Gémima Joseph était engagée en individuel en sprint, sur le 200 m. La Fédération française a décidé de ne sélectionner aucun sprinteur et aucun relais, faute d'avoir suffisamment d'athlètes au niveau.
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Article rédigé par Anaïs Brosseau - envoyée spéciale à Birmingham France Télévisions - Rédaction Sport Publié le 15/08/2026 06:00 Temps de lecture : 4min Lister les membres de la famille tricolore des sprinteurs aux championnats d'Europe est rapide. Seule Gémima Joseph s'est alignée sur le 200 m — elle a pris la 5e place. Alors que le collectif féminin avait décroché l'argent européen à Rome il y a deux ans, il ne figurera pas sur la ligne de départ des séries, samedi 15 août. Pas plus que le relais masculin, ou de Tricolore pour le 100 ou 200 m. Une situation inédite au XXIe siècle pour l'équipe de France, pourtant connue pour sa tradition du 4x100 m avec 35 médailles glanées aux championnats d'Europe, du monde et Jeux olympiques dans son histoire.
" Cela n'a échappé à personne que le sprint français ne se porte pas bien en ce moment . Les championnats de France d'Albi [aux conditions climatiques difficiles, entre canicule puis pluie et vent] n'ont pas permis à nos sprinters d'aller suffisamment vite individuellement ", justifiait dans un communiqué Jean Galfione, directeur de la haute performance, à l'annonce de la sélection.
A Albi, toutes courses confondues avec un vent légal (inférieur à +2 m/s), Pablo Matéo a par exemple été le plus rapide en 10"24 (minima B fixés à 10"15) avant de se blesser en finale. Autre cadre du relais tricolore blessé cette saison : Jeff Erius. Même constat du côté des femmes, pour beaucoup gênées par des pépins physiques.
"On n'a pas pu présenter trois de nos meilleurs sprinteurs pour des raisons de santé. Et derrière, le banc de touche n'est pas suffisant pour faire une équipe. C'est un constat d'échec", ne cache pas Jean Galfione, qui espère que la situation va servir "d'électrochoc" . "Maintenant, on va se mettre autour d'une table pour une vraie réflexion."
"L'enjeu est de densifier le niveau en France des juniors aux seniors", prolonge Richard Cursaz, responsable national de la filière sprint et des relais 4x100 m. " L'effectif existe, mais on les perd. Il faut mieux détecter et un meilleur suivi", insiste le référent, qui pointe les bons résultats des jeunes l'an passé avec le titre et record d'Europe du collectif masculin U23 sur 4x100 m.
"Le talent ne suffit plus. Tout le travail de récupération, mais aussi extrasportif avec le suivi socioprofessionnel dans un sport comme l'athlétisme, est très important."
Pour les relais, le diagnostic est clair : "La culture du relais n'est plus suffisante aujourd'hui. Il faut un projet individuel en parallèle car le niveau est plus dense, on l'a vu aux Mondiaux de Gaborone (Bostwana)", pose Richard Cursaz. Dans cette compétition en mai dernier, le relais 4x100 m féminin a été disqualifié en séries, quand le collectif masculin a terminé seulement 6e de sa série.
"Techniquement parlant, on est bien. On s'est beaucoup amélioré sur les transmissions.
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