Gustavo Faveron Patriau, le nouveau patron des lettres sud-américaines
Le début du XXI e siècle a des airs de cimetière pour les écrivains sud-américains.
Roberto Bolaño, le Chilien tourmenté derrière Les Détectives sauvages et 2666 est mort en 2003.
Gabriel Garcia Marquez, le célèbre auteur colombien de Cent ans de solitude , a disparu en 2014.
Mario Vargas Llosa , enfin, l’académicien espagnol d’origine péruvienne, nous a quittés en 2025.
Une relève valable est-elle apparue entre-temps ? On la cherche.
Chez nous, le bondissant romancier franco-vénézuélien Miguel Bonnefoy a réussi à moderniser le réalisme magique, mais il est bien le seul.
Les nostalgiques de Garcia Marquez doivent-ils déserter définitivement les librairies ? Non : ils trouveront leur bonheur avec Les Lieux souterrains de Gustavo Faveron Patriau.
Né au Pérou comme Vargas Llosa, Faveron Patriau est bien plus un héritier de Bolaño (ils ont d’ailleurs le même traducteur en la personne de Robert Amutio).
Les Lieux souterrains racontent l’existence erratique de George Walker Bennett, un cinéaste américain d’avant-garde, hanté par les méfaits de son père, ancien agent de la CIA qui se serait spécialisé dans la torture.
On retrouve d’abord Bennett à Lima en 1992.
Il séduit une fille avant de séquestrer et de tuer son père, Rainer Enzensberger, soi-disant pour venger une certaine Laura Trujillo… La deuxième partie du roman revient sur le passé de Laura – et notamment sur cette période où elle recevait par la poste des dizaines de mystérieux manuscrits qui lui étaient postés (mais par qui ?) de Santiago ou de Valparaiso.
La troisième partie, la plus ample (plus de 300 pages !), narre l’épopée de Bennett à travers l’Amérique du Sud, sur les traces de son père.
Sous l’influence quasi gnostique de Jaime Saenz, une sorte de poète voyant qui ressemble à Allen Ginsberg, sa vie est un songe (parfois cauchemardesque).
Il passe huit années en prison, en sort, continue de voyager.
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