Bruno Retailleau et l'interdiction de LFI : de Paris à Strasbourg, histoire secrète d’un coup d’épée dans l’eau
S’il n’y croit pas, pourquoi le dire ? Ce jeudi 1er octobre, Bruno Retailleau ne voulait pas parler d’interdiction de La France insoumise (LFI).
Il y a été incité par celui que certains, à LR, présentent comme son "mauvais génie" , l’eurodéputé François-Xavier Bellamy.
La veille de son passage dans la matinale de BFMTV, les deux hommes échangent longuement par message.
Bellamy, qui a longtemps pensé que ce n’était pas la bonne solution, a fini par penser que "certaines lignes rouges ont été franchies", qu’"un parti n’est pas au-dessus des lois" et ne peut pas, en toute impunité, affirmer, comme l’a fait Bally Bagayoko dans le cadre du mouvement lycéen, que "la violence peut être légitime".
Trop, c’est trop.
Mais il ne convainc pas Retailleau, qui lui envoie, à une heure avancée de la nuit, un dernier SMS : "Non, ce n’est pas la bonne voie." Pourtant, il finit par le dire à l’antenne, pour le plus grand bonheur du "mauvais génie".
Bien sûr, le sénateur ne le propose pas formellement mais "pose la question" de l’interdiction du mouvement.
Et ajoute aussitôt, tuant dans l’œuf sa propre idée avant même qu’elle n’entre dans l’atmosphère, cette précaution : "Je sais que c’est très difficile en droit…" Jean-Luc Mélenchon le sait bien.
L’animal politique doit sentir que son adversaire avance en tâtonnant.
Alors, interrogé, il ne s’éternise pas.
"Il est ridicule.
Ce n’est pas en parlant de moi qu’il fera parler de lui", balaie-t-il.
En plaçant cette idée dans le débat public, Bruno Retailleau indiffère Jean-Luc Mélenchon et irrite Edouard Philippe.
De telles sorties, qui s’ajoutent à celles sur sa volonté de "censurer" le Conseil constitutionnel, n’empêchent-elles pas un futur ralliement ? "Seuls les régimes autoritaires interdisent les partis", grince un proche du candidat Horizons.
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