Guerre en Ukraine : les drones à réaction, nouvel instrument de terreur de Vladimir Poutine
Il est environ 10 heures, ce dimanche 4 octobre, lorsqu’un bruit assourdissant tétanise les automobilistes engagés sur le pont Nord de Kiev.
Un drone russe vient de s’écraser dans une immense gerbe de flammes à l’entrée de l’ouvrage, en pleine visite du chancelier allemand Friedrich Merz.
A la panique généralisée succèdent des embouteillages monstres dans la capitale ukrainienne.
Loin d'être isolé, l'incident s'inscrit dans une stratégie de pilonnage ciblée : lors de la première semaine d’octobre, au moins six attaques ont visé les huit ponts qui enjambent le Dniepr.
Derrière cette série de bombardements, de redoutables drones à réaction, désormais produits à la chaîne par Moscou.
Baptisés Geran-4 ou Geran-5, selon les versions, ils font vivre un enfer aux villes ukrainiennes.
Equipés de turboréacteurs (et non plus de moteurs à piston), ces modèles peuvent atteindre 500 à 600 km/h, quand leurs prédécesseurs montaient péniblement à 160 km/h.
Et sont donc beaucoup plus difficiles à neutraliser.
La Russie a aussi revu leur design : le modèle le plus évolué, le Geran-5, a troqué la forme d’aile triangulaire classique contre un fuselage effilé qui lui donne une silhouette de missile, afin de gagner en vitesse.
Résultat, le taux d’interception de ces nouveaux engins volants a dégringolé à 55 % (contre plus de 90 % pour les drones Shahed d’ancienne génération), a indiqué Kiev fin septembre.
Ils mettent en effet à mal le système de défense à bas coût mis en place ces dernières années par les Ukrainiens.
"Ils ont développé toute une panoplie d'instruments contre les drones classiques, comme les drones intercepteurs ou les équipes mobiles chargées de les détruire avec des mitrailleuses, explique Ivan Klyszcz, chercheur à l’International Centre for Defence and Security, à Tallinn.
Mais ces mêmes solutions sont nettement moins performantes contre les drones à réaction." Production massive Le ministère de la Défense russe a fait savoir récemment qu’il allait "intensifier" ses frappes "contre Kiev et d’autres régions".
Le coût relativement modeste de ses nouveaux engins lui en donne la possibilité : entre 100 000 et 150 000 dollars pour un Geran-5, soit près de 10 fois moins que l'un de ses missiles Kalibr.
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