En Iran, la flambée du prix du pain alourdit encore le coût de la vie
Sangak, barbari, lavash… En Iran, le pain se décline en une multitude de variétés. Mais aucune n’échappe à l’inflation, qui fait grimper les prix d’un produit de base de l’alimentation locale jusqu’ici historiquement « protégé » par les subventions. Une envolée des prix qui intervient dans un pays en guerre, plus de six mois après le début de l’offensive conjointe lancée sur l’Iran par Israël et les États-Unis, alors que Washington veut recourir à la pression économique pour fragiliser le régime.
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Selon les données du Centre iranien de la statistique, reprises par la presse économique du pays, la hausse annuelle des prix du pain et des céréales a atteint 114,2 % en mai 2026. Un niveau supérieur à l’inflation générale du pays – 58 % en juin – et parmi les plus élevés enregistrés pour les différents groupes de produits.
C’est complètement fou, mais c’est bien ce qu’on est en train de vivre… se désole Amir, un habitant de la capitale habitué à en consommer deux fois par jour, et qui a déjà du mal à boucler ses fins de mois. Fin juin, les autorités de la province de Téhéran ont annoncé, du jour au lendemain, le doublement du prix officiel des différentes variétés de pain. Celui du sangak est ainsi passé de 7 400 à 15 500 tomans (7 centimes d’euro).
Certaines boulangeries reçoivent l’essentiel de leur farine du gouvernement et sont donc tenues de vendre leur pain au prix fixé par les autorités, décrypte Amir. D’autres peuvent se permettre de vendre plus cher. Une situation surveillée de près par le pouvoir, alors que certains boulangers cherchent aussi à relever leurs tarifs pour compenser la hausse de leurs charges (loyers, énergie, main-d’œuvre…).
Le sujet est hautement politique. Depuis des années, le gouvernement achète le blé aux agriculteurs à un prix garanti, puis revend la farine subventionnée aux boulangeries à une fraction de son coût réel, le budget de l’État prenant en charge la différence. Mais le climat économique est tel que ce système est devenu plus difficile à supporter.
Ce n’est pas seulement le pain, tout a augmenté de façon terrifiante », s’inquiète une Téhéranaise, quand un autre habitant de la capitale en vient à relativiser, en observant la flambée des prix pour les autres produits du quotidien. Selon les données officielles, l’inflation sur un an a atteint 161 % pour le lait, le fromage et les œufs.
Reste que ce désengagement autour du pain a suscité de vives critiques de la part de certains parlementaires ou de la presse conservatrice, qui s’en servent pour faire pression sur l’administration du président Masoud Pezeshkian. Le quotidien ultraconservateur Kayhan a, par exemple, estimé que l’impact de cette hausse des prix pourrait être plus dangereux encore qu’une attaque américaine » et reviendrait à jouer le jeu de l’ennemi ». Une mise en garde qui laisse planer, en filigrane, la crainte d’un nouvel embrasement social, après les dernières manifestations massives de janvier 2026, démarrées sur fond de grogne économique et réprimées dans le sang.
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