"Territoire oublié de l’État" : après le séisme en Colombie, le Choco face à ses vieilles blessures
Le puissant séisme qui a frappé lundi l'ouest de la Colombie a fait ressurgir les fragilités du Choco, département pauvre et isolé de la côte Pacifique. Alors que les secours peinent à atteindre certaines communautés, habitants et responsables locaux redoutent qu'une fois l'urgence passée, la région ne retombe dans l'oubli.
Par : FRANCE 24 À San José del Palmar, près de l'épicentre du séisme qui a frappé la Colombie , une route bloquée par un éboulement suffit à mesurer l'ampleur de l'isolement. Un hôpital s'est effondré, des infrastructures ont été endommagées et des dizaines de blessés doivent être pris en charge avec des moyens médicaux limités.
Avec au moins 265 morts et des centaines de disparus , le séisme de magnitude 7,4, dont l'épicentre était situé dans le Choco, département pauvre de la côte Pacifique colombienne, est le plus meurtrier de ce début de siècle en Colombie . Dans cette région traversée de rivières et couverte de forêt tropicale, mesurer l'ampleur réelle de la catastrophe peut prendre bien plus de temps qu'ailleurs dans le pays.
Les communautés rurales sont dispersées, les communications précaires et certaines localités restent difficiles d'accès. "Le Choco et, plus généralement, le Pacifique sont des régions qui se caractérisent par une faible présence de l'État et de ses institutions", explique à France 24 Leyner Palacios, défenseur des droits humains dans le Choco.
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Certaines communautés se trouvent à huit à douze heures des centres urbains. Dans d'autres cas, le trajet peut prendre trois à quatre jours en remontant le cours des rivières, explique Leyner Palacios. "On ne sait toujours pas ce qui a réellement pu se passer dans ces communautés", déplore-t-il.
Difficile d'établir un bilan fiable dans ce département où de nombreuses habitations sont construites en bois ou en tôle. "La situation est critique dans le Choco, où le nombre d'hôpitaux est bien moindre que dans le reste du pays et où 80 à 90 % des centres de santé sont actuellement touchés", explique à France 24 Jhon Castaneda, directeur des programmes d'ActionAid en Colombie.
Malgré son littoral, le département reste difficilement accessible par voie maritime et se retrouve largement isolé du reste du pays, ce qui rallonge les délais et renchérit l'acheminement de l'aide humanitaire. Pour rejoindre San José del Palmar, "il a fallu aménager des héliports et des espaces pour acheminer l'aide", souligne Jhon Castaneda.
Après le séisme, le photographe et documentariste Jeison Riascos a voulu documenter la situation. Il a quitté Medellin pour rejoindre Quibdo, capitale du département de Choco. Faute de pouvoir prendre l'avion, il a fait le trajet par la route, malgré les risques de glissements de terrain et les tunnels qui jalonnent le parcours.
"Nous savions qu'il fallait raconter et montrer ce qui se passait sur le terrain", exprime-t-il à France 24 .
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