Le "moment Brexit" de l'Islande : désinformation et ingérences avant un référendum crucial
Aux abords du cercle polaire arctique, le Groenland n'a pas le monopole des crises géopolitiques.
Une autre île encadrée par les glaciers, elle aussi colonisée par les Vikings il y a un millénaire, se retrouve en première ligne de la bataille des empires modernes : à mi-chemin entre l'Europe et l'Amérique, l'Islande est sommée de choisir ses plus proches alliés à l'heure Trump.
Le 29 août, ses 360 000 citoyens se rendent aux urnes pour répondre à une question : faut-il reprendre les négociations d'adhésion avec l'Union européenne, abandonnées en 2015 ? L'enjeu est de taille pour l'UE, qui n'a pas pour habitude de faire la cour aux candidats à l'adhésion.
"Mais pour l'Islande et la Norvège, c'est différent, assure une source à la Commission européenne.
Si le 'oui' l'emporte au référendum, les négociations iront très vite, sans doute moins d'un an, et les Islandais seront alors rappelés aux urnes pour adhérer formellement à l'UE." Démocratie stable et riche, avec des standards économiques et sociaux déjà plus élevés que la majorité des Vingt-Sept, l'Islande apporterait un vent d'optimisme à une alliance européenne sur la défensive.
Mais les autres puissances ne comptent pas rester simples observateurs de ce rapprochement.
Point de passage obligé des sous-marins russes voulant rallier l'Atlantique, membre fondateur de l'Otan (pourtant dénué d'armée), l'île reste un verrou stratégique pour les activités militaires et commerciales dans cette partie du monde.
"Celui qui contrôle l'Islande a en main un pistolet fermement pointé vers l'Angleterre, les Etats-Unis et le Canada", avait déclaré Winston Churchill.
En 2026, c'est Donald Trump qui a remis la discrète île arctique sur la carte.
Après avoir menacé d'annexer le Groenland en janvier, par la force si besoin, son ambassadeur à Reykjavik avait laissé entendre que l'Islande serait la prochaine sur la liste : "le 52e Etat américain".
De l'humour, s'est rétracté le diplomate américain face au tollé.
Mais le mal est fait : le gouvernement centriste de Kristrún Frostadóttir a avancé son référendum européen à cet été, cherchant activement un protecteur fiable après 70 ans à dépendre du parapluie américain.
"Auparavant, l'intégration à l'UE était uniquement vue à travers l'aspect économique, mais c'est désormais la sécurité qui prime", souligne Pia Hansson, directrice de l'Institute of International Affairs de Reykjavik.
L'ombre du Kremlin Depuis l'annonce du référendum, le "pays de glace" doit affronter une déflagration que ses autorités n'avaient pas anticipée.
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