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Narcotrafic : dans les coulisses de la timide reprise de la coopération judiciaire franco-algérienne

L'Express ·
Narcotrafic : dans les coulisses de la timide reprise de la coopération judiciaire franco-algérienne

L’opération a été menée dans la plus grande discrétion, ce lundi 20 juillet.

Installé depuis quelques années en Algérie, Abdelatif Mehdi Laribi y a finalement été arrêté par les autorités locales, sans qu’aucun détail supplémentaire ne filtre sur le lieu exact ou le déroulement de son interpellation.

Pour la France, la prise est de taille : s’il reste présumé innocent, ce trentenaire franco-algérien est considéré par les autorités judiciaires comme "l’un des membres fondateurs de la DZ mafia", précise à L’Express le procureur de Marseille Nicolas Bessone.

Son interpellation en Algérie est le fruit d’un mandat d’arrêt international délivré par son parquet, dans le cadre de la tentaculaire opération “Octopus” qui a visé, en mars, l'organisation criminelle spécialisée dans le narcotrafic.

Ce vaste coup de filet avait permis la mise en examen de 26 personnes liées à la DZ mafia , tout en levant le voile sur la hiérarchie du réseau, ses méthodes et ses activités criminelles et financières.

Surnommé "Tic", en référence au rôle de "Rachitique" qu'il a interprété dans le film français Khamsa , sorti en 2008, Mehdi Laribi est notamment poursuivi pour "groupement destiné à un trafic de stupéfiants, association de malfaiteurs et blanchiment".

Moins de quinze jours plus tard, le 3 août, un autre profil bien connu des juges marseillais a également été interpellé par les autorités algériennes.

Djamel Djeha, quadragénaire franco-algérien, est visé depuis 2025 par un mandat d’arrêt émis par le parquet de Marseille dans le cadre de la colossale enquête "Empire", sur le réseau dit "de la Castellane", du nom d’un quartier du nord de la ville.

Figure présumée de cette influente organisation, il est surtout le frère de son principal responsable, Mohamed Djeha, plus connu sous le surnom de "Mimo" et lui-même arrêté à Oran en juin 2023.

Considéré comme l’un des plus gros narcotrafiquants français, ce dernier avait été condamné en son absence par la Cour d’assises des Bouches-du-Rhône, en mai 2023, à 30 ans de réclusion criminelle pour un meurtre remontant à 2017 et lié à un règlement de comptes sur l’autoroute A55.

Dans un premier temps soumis à un simple contrôle judiciaire en Algérie, ces deux trafiquants d’envergure ont finalement été placés en détention provisoire à la demande du parquet d’Alger, a annoncé le garde des Sceaux Gérald Darmanin ce lundi 10 août, se félicitant de la collaboration avec ses homologues algériens.

Le pays n’extrade pas ses ressortissants, mais la justice française pourrait désormais lancer une procédure officielle de dénonciation permettant des poursuites judiciaires localement.

"Il s'agit d'une coopération judiciaire permettant des auditions, des transmissions de pièces, et de potentielles poursuites sur place.

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