Surtourisme : la taxe d'entrée touristique peut-elle protéger Venise ?
Introduit en 2024, le péage d'accès à Venise , compris entre 5 et 10 euros aujourd'hui, a vocation à augmenter.
Quelques semaines après son élection en mai dernier, le nouveau maire de la cité des Doges, Simone Venturini, a annoncé vouloir le multiplier jusqu'à 10, pour le porter entre 30 et 50 euros certains jours.
Une mesure qui nécessite encore l'aval du gouvernement italien.
L’objectif, martelé depuis des années, est simple : protéger la Sérénissime de l'afflux de touristes.
Car l'îlot vénitien accueille - ou plutôt subit - 20 à 30 millions de visiteurs par an, dont près de 6 millions séjournant dans ses établissements.
Ces chiffres exorbitants s’accompagnent d’une dramatique chute de la population dans le centre historique, divisée par plus de trois en 75 ans, désormais estimée à 49 000 habitants en 2025.
Afin de lutter contre les conséquences néfastes du surtourisme , la municipalité a innové il y a deux ans en lançant son " contributo di accesso ", un ticket pour les visiteurs à la journée : cinq euros - à partir de 14 ans - si l’on s’y prend au moins quatre jours à l’avance, le double sinon.
Il ne concerne pas les touristes qui passent la nuit dans la commune.
Mais si cette taxe a rapporté près de 5 millions d’euros à la ville en 2025, avec plus de 720 000 touristes l'ayant acquittée, les effets tardent cependant à se faire sentir.
Instaurée sur 29 jours en 2024, cette mesure a été étendue à 54 dates en 2025, puis à 60 jours en 2026.
Mais à chaque élargissement, le même constat s'impose : les flux ne diminuent pas.
Une étude commandée par la mairie n'a pu conclure qu'à une baisse "légère" de l'affluence les jours concernés.
C'est ce constat qui a nourri les annonces, au mois de juin, du maire Simone Venturini, pour qui le montant de la taxe n'est pas assez dissuasif.
Selon lui, "le droit d'entrée est actuellement le seul outil efficace pour contrôler le nombre quotidien de visiteurs", à condition d'en relever significativement le montant.
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