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Les conflits au Moyen-Orient et dans la Corne de l’Afrique sont devenus indissociables

Courrier International ·
Les conflits au Moyen-Orient et dans la Corne de l’Afrique sont devenus indissociables

Le conflit au Moyen-Orient redessine les lignes de fracture géopolitiques régionales et entraîne les États africains dans un ensemble conflictuel émergent autour de la mer Rouge.

Cette recomposition se nourrit de crises simultanées, parmi lesquelles figurent les offensives américaines et israéliennes contre l’Iran, la reprise des attaques houthistes contre les voies maritimes, la rivalité entre l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis (EAU) dans la Corne de l’Afrique, et les querelles d’influence entre les États africains.

L’aggravation de ces crises serait désastreuse pour les États africains riverains de la mer Rouge.

Les ripostes iraniennes à l’offensive américano-israélienne ont remis en question la capacité des États-Unis à garantir la sécurité de leurs alliés traditionnels du Golfe. Les puissances régionales, à commencer par les EAU et l’Arabie saoudite, ont dès lors adopté des stratégies de couverture plus assumées. Leur coordination sécuritaire contre l’Iran a cédé sous le poids de leurs divergences sur l’ordre régional et de leur rivalité pour le leadership.

Abou Dhabi projette sa puissance grâce à des investissements portuaires et infrastructurels massifs et à des liens avec des acteurs armés et sécessionnistes au Yémen, au Soudan, en Libye et en Somalie. Les EAU ont également resserré leurs liens avec Israël depuis la normalisation de leurs relations en vertu des accords d’Abraham de 2020.

Riyad a cherché à contrecarrer Abou Dhabi en soutenant les autorités étatiques et en nouant des partenariats avec des acteurs régionaux partageant ses positions. Son rapprochement avec l’Égypte, le Pakistan et la Turquie témoigne de ses efforts pour renforcer les alliances étatiques, contenir les EAU et limiter leurs liens avec Israël.

Ce contexte sécuritaire mouvant accroît la valeur stratégique des États africains riverains de la mer Rouge, qui peuvent offrir ports, aérodromes et partenariats en matière de renseignement et de sécurité.

L’Éthiopie, pays enclavé, cherche à obtenir un accès à la mer afin de réduire sa dépendance vis-à-vis de Djibouti. Le port de Berbera, au Somaliland, présentait un intérêt particulier, car la société logistique émiratie DP World y avait déjà développé le port, une zone économique et un corridor de transport vers l’Éthiopie.

Mais depuis le mémorandum de coopération controversé de 2024 entre l’Éthiopie et le Somaliland, l’Éthiopie et la Somalie ont réaffirmé leur attachement à leur intégrité territoriale mutuelle conformément à la déclaration d’Ankara. Négociée sous l’égide de la Turquie, celle-ci prévoit d’encadrer l’accès commercial de l’Éthiopie à la mer sous l’autorité de la Somalie.

Cela n’a toutefois pas soustrait l’Éthiopie aux rivalités extérieures.

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