On running, Hoka, Nike... Comment les marques bousculent les codes en sponsorisant des groupes d'entraînement
Comme aux Etats-Unis, des équipementiers montent en Europe des équipes en recrutant athlètes et coachs. Dernier exemple en date, Adrien Taouji, entraîneur de Jimmy Gressier, a rejoint Hoka tout en gardant son groupe à l'Insep.
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Article rédigé par Anaïs Brosseau France Télévisions - Rédaction Sport Publié le 14/08/2026 06:45 Temps de lecture : 7min Janvier 2026, Adrien Taouji actualise son profil sur LinkedIn. L'entraîneur de Jimmy Gressier, champion du monde en titre du 10 000 m, est désormais "coach principal" chez Hoka. "Adrien n'est plus rémunéré par la Fédération mais il reste entraîneur référent demi-fond à l'Insep", confirme à franceinfo: sport Frank Bignet, directeur technique national à la Fédération française d'athlétisme.
Qu'un coach phare de la FFA signe chez une marque américaine née à Annecy est loin d'être une information anodine. Car ce mercato illustre à lui seul la présence croissante des équipementiers dans la professionnalisation des structures d'entraînement des athlètes.
Déjà existant aux Etats-Unis, ce système se développe depuis plusieurs années en Europe, où les fédérations nationales d'athlétisme gardent un poids important. Sur le Vieux Continent, la marque suisse On running fait partie des pionnières. Après avoir lancé un premier On Athletics Club (OAC), en août 2020 aux Etats-Unis pour les coureurs de fond, elle a dupliqué deux ans plus tard le modèle à Saint-Moritz (Suisse) pour les demi-fondeurs. Spécialiste du 800 m, le Français Corentin Le Clézio a rejoint ce dernier juste avant les JO 2024. Le principe a ensuite essaimé en 2023 en Océanie, et en 2026 à Los Angeles avec un collectif centré sur le sprint.
A Manchester, au Royaume-Uni, le M11 Track Club, soutenu par Sportshoes, est lui né en 2024. Il compte notamment dans ses rangs la championne olympique britannique Keely Hodgkinson, mais aussi les Français Benjamin Robert et Benoît Campion. Louis Gilavert (spécialiste du 3 000 m steeple) et Charlotte Pizzo (800 m) ont eux rejoint cette année le groupe, soutenu par Nike, du coach polonais Tomasz Lewandowski. Et Hoka a donc lancé son équipe à Paris, sous la houlette d'Adrien Taouji, après avoir ouvert d'autres groupes ailleurs dans le monde.
Quelle que soit la marque, le principe est le même. L'équipementier embauche un entraîneur qu'il rémunère — à l'inverse, en France, les coachs d'athlètes de haut niveau sont souvent bénévoles avec un autre métier à côté. En parallèle, la marque recrute des athlètes, qu'elle paye et habille de pieds en cap . En s'affichant partout avec les produits offerts, tous contribuent ainsi à la visibilité de l'enseigne.
"Je ne paye que la nourriture. Toutes les autres dépenses sont prises en charge lorsqu'elles interviennent dans le cadre du groupe. Et on a deux coachs, deux kinés en stage et en compétition, un préparateur mental, un préparateur physique et un photographe pour les contenus", apprécie Corentin Le Clézio, qui ne voit "que du positif" à son intégration à OAC Europe.
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