Menace russe : le chef militaire de l'Otan dévoile sa "théorie de la victoire"
Le commandant des forces américaines en Europe a cherché à rassurer les pays européens, ce lundi 12 octobre, sur la fermeté de l’engagement américain aux côtés des alliés de l’Otan, en présentant pour la première fois une "théorie de la victoire" contre un agresseur qu’il n’a pas voulu désigner nommément mais qui ne pouvait être que la Russie.
Après un week-end marqué par un rapprochement spectaculaire de Donald Trump et Vladimir Poutine, qui se sont entendus sur l’achat américain de carburant diesel russe , le général Alexus G.
Grynkewich, qui est à la fois le plus haut gradé américain en Europe et le chef militaire suprême de l’Otan, est intervenu devant le Forum sur la sécurité de Varsovie, qui réunit chaque année plusieurs centaines de responsables et d’experts de la sécurité occidentaux dans la capitale polonaise.
Il a expliqué que l’Otan était prête dès aujourd’hui à repousser toute attaque contre un de ses Etats membres.
"Si quelqu’un est suffisamment fou pour nous attaquer, nous engagerons le combat.
Nous stopperons son attaque et nous lui dénierons toute possibilité de parvenir à ses fins, quelles qu’elles soient.
En clair : nous ferons en sorte que toute attaque, contre quelque allié que ce soit, s’avérera extrêmement futile".
La riposte, selon lui, se fera en trois temps : "Nous bloquerons, nous affaiblirons, puis nous briserons toute tentative d’agression" contre un des 32 Etats membres de l’Otan.
"Si l’adversaire choisit de poursuivre son attaque ou d’engager ses réserves, nous casserons le système guerrier qui s’engage contre nous, c’est-à-dire pas seulement la force qui nous attaque mais tout ce qui concourt à la soutenir, à l'aider et à la contrôler" a-t-il poursuivi.
La riposte otanienne, telle qu’il l’a présentée, mettra en œuvre des forces terrestres mais aussi des forces aériennes, navales, cyber et spatiales, avec l’objectif d’imposer une supériorité aérienne et maritime.
En discussion depuis un an dans les cercles confidentiels de l’Otan, la "théorie de la victoire" est prête depuis trois mois, selon lui.
S’inscrivant en faux contre les prévisions alarmantes de certains services de renseignement européens, le général Grynkewich a tenu à souligner qu’un tel conflit visant l’un des Etats membres de l’Alliance n’était, à ses yeux, "ni imminent, ni inévitable".
Néanmoins, le haut niveau de détail dans lequel il est entré lundi traduisait une volonté évidente de sa part de dissuader la Russie – même s’il ne l’a jamais nommée – d’agresser un autre Etat après l’Ukraine .
L’ensemble de son discours visait à mettre en relief le haut niveau de préparation des plans militaires alliés.
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