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Lech Walesa après les accords de Gdansk en 1980 : "Nous avons gagné la première manche, la seconde sera autrement dure"

L'Express ·
Lech Walesa après les accords de Gdansk en 1980 : "Nous avons gagné la première manche, la seconde sera autrement dure"

Cet article a été publié pour la première fois dans L'Express du 6 septembre 1980 La fenêtre va-t-elle rester ouverte ? Les ouvriers de la Baltique ont-ils seulement cassé un carreau ? La Pologne n'ose encore respirer le vent de liberté qui balaie le pays.

Peur de voir s'envoler l'espoir né le dimanche 31 août, à 16 h 35, aux chantiers navals Lénine de Gdansk.

Minute de stupeur : c'est bien la moustache de Lech Walesa qui apparaît sur l'écran des téléviseurs, en direct.

Que tient-il à la main ? Un gigantesque crayon à bille, rouge et blanc, orné du portrait de Jean-Paul II : un des gadgets de la visite du Pape dans son pays, en juin 1979.

C'est avec cet instrument que Lech va signer la page qu'avec 350 000 grévistes il vient de tourner dans l'Histoire.

Sous le regard d'une statue de Lénine entourée de l'aigle polonais et d'un crucifix.

Masque austère, costume gris, Mieczyslaw Jagielski, vice-Premier ministre, signe à son tour le document qui, pour la première fois en pays communiste, reconnaît à la classe ouvrière le droit de former un syndicat indépendant autogéré et le droit de grève ; qui réclame aussi la libération des prisonniers politiques et la levée de la censure.

Les questions se bousculent.

Les plus inquiètes, d'abord.

Le Kremlin va-t-il se contenter de froncer les sourcils ? Jusqu'à quel point tolérera-t-il l'atteinte portée au dogme communiste ? Et si d'autres pays du bloc socialiste sont touchés par l'hérésie polonaise ? Comment l'imaginer impassible au milieu d'un monde qui craque ? Lech Walesa et ses amis du Comité de grève interentreprise de Gdansk (M.k.s.) ont pris quelques précautions.

Leur mouvement, proclament-ils, n'a d'autre ambition que purement syndicale : défendre les intérêts sociaux et matériels des ouvriers — ce que les syndicats officiels n'ont jamais fait.

Ils respecteront les principes contenus dans la Constitution de la Pologne populaire.

Ils n'ont pas l'intention de jouer un rôle de parti politique.

Ils se fondent sur le principe de la propriété sociale des moyens de production, base du système socialiste.

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