Présidentielle 2027 : l'art de la surenchère verbale des modérés
La "rupture", mot magique et maudit de la présidentielle.
Cette promesse d'un grand soir au peuple de droite avait porté la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007.
Las, la révolution ne vint pas et le terme est devenu synonyme de trahison politique.
Vingt ans plus tard, les prétendants à l'Elysée du bloc central poursuivent cette surenchère verbale.
Gabriel Attal promet de "renverser la table" et de "tout changer".
Bruno Le Maire, pas encore sur la ligne de départ, propose une "autre France" et une réinvention de "fond en comble" du modèle français.
Édouard Philippe annonce un programme "massif" en vue de 2027, même s'il ne fait pas vibrer la fibre révolutionnare.
L'alternance, ce serait donc eux.
Deux anciens Premiers ministres, et l'ex-locataire de Bercy qui ont accompagné dix ans de macronisme.
Les éléments de langage sont jumeaux.
On doute de leur capacité à tout bousculer ? C'est justement car ils "connaissent le système" (Le Maire) et qu'ils ont de "l'experience" (Attal) qu'ils peuvent tout changer.
Les voici tenants d'une radicalité institutionnelle.
Cette emphase n'est pas sans risque.
L'histoire l'a montré : elle génère de la déception quand vient l'heure d'exercer le pouvoir.
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