"Cela n’aurait jamais dû aller aussi loin" : la mort du professeur Jason Arday secoue la presse britannique
Depuis le décès de Jason Arday, la presse britannique ne débat plus seulement de son CV, mais de ceux qui l’ont lu, de ceux qui ne l’ont pas lu et de ceux qui l’ont publié.
Professeur de sociologie de l’éducation, nommé à Cambridge en 2023 et présenté comme le plus jeune professeur noir de l’histoire de l’université, il avait démissionné quelques jours avant l’annonce de son décès, après plusieurs semaines d’accusations concernant son travail académique et certains récits de son parcours.
Arday reconnaissait des erreurs mais niait avoir menti ou plagié délibérément.
Dans son unique entretien accordé au Times , il disait que les interrogations sur son intégrité étaient "destructrices pour l’âme".
"Ce que je ne suis pas, c’est un menteur", ajoutait-il.
Sa famille dénonce désormais une "campagne de désinformation" menée par ceux qui voulaient "le discréditer".
Depuis plusieurs jours, la presse britannique tente de mieux comprendre les ressorts de l'affaire.
Après les faits, les torts Son décès a produit un deuxième débat avant même que le premier soit terminé : avait-on légitimement enquêté sur un professeur très médiatisé, ou assisté à une "chasse aux sorcières" ? Cambridge aurait-elle dû mieux protéger Jason Arday, ou surtout mieux vérifier son parcours avant d’en faire l’un des visages de l’université ? Dans la presse britannique, chacun appelle à la prudence.
Ce qui ne signifie pas exactement la même chose pour tout le monde.
La première accusation vise directement les médias.
Lord Woolley, directeur de Homerton College à Cambridge, décrit dans le Telegraph la couverture consacrée à Arday comme "la plus horrible, toxique et vicieuse des chasses aux sorcières".
D’autres commentateurs, relève le Times , estiment après son décès qu’il aurait été victime d’une campagne médiatique et que les interrogations sur son parcours étaient, au moins en partie, racistes.
Le quotidien répond sans détour : "C’est faux." On ne peut pas dire tout se soit bien passé.
Le Times reconnaît lui-même que le débat était devenu "laid", particulièrement sur les réseaux sociaux, où l’examen de sa vie avait rapidement tourné au "bataille politique".
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