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«On n'a plus d'herbe depuis plus d'un mois»: en Seine-et-Marne, les éleveurs sans solution face à la canicule

RFI ·
«On n'a plus d'herbe depuis plus d'un mois»: en Seine-et-Marne, les éleveurs sans solution face à la canicule

Alors que la France traverse sa cinquième vague de chaleur de l'été - à laquelle s'ajoute une intense sécheresse en raison de l'absence de pluie -, les agriculteurs subissent de plein fouet les effets de ces conditions climatiques extrêmes. En Seine-et-Marne, certains éleveurs de bovins doivent ainsi sacrifier leurs réserves de fourrages prévues pour l'hiver afin que leurs troupeaux ne meurent pas de faim.

Habituellement, les vaches de Philippe Dufour broutent tout l'été dans les prés. Mais cette année, les champs de cet éleveur installé à Echouboulains, dans le département de la Seine-et-Marne, à l'est de Paris, sont grillés. L'herbe y a été jaunie par le soleil.

Alors que l'Europe de l'Ouest vit actuellement son été le plus chaud jamais enregistré, en France, la sécheresse s'aggrave. L'herbe ne poussant plus dans les prairies, les éleveurs sont contraints d'utiliser leurs fourrages d'hiver pour nourrir leurs troupeaux.

« On n'a plus rien », constate, désolé, l’éleveur de bovins. « On n'a plus d'herbe depuis déjà plus d'un mois, c'est un peu désertique. Je n'ai jamais vu ça à ce point là. »

Avec l’absence de précipitations, il est par ailleurs impossible d’envisager des solutions face aux dégâts causés par la chaleur. « Pour que ça reparte, il faudrait que l’on ait des orages, il faudrait que l’on ait de la pluie », insiste Philippe Dufour, qui fait face pour la première fois à une telle sécheresse.

Le mois de juillet 2026 est le deuxième mois de juillet le plus sec jamais enregistré en Europe, derrière celui de 2022. Les canicules successives ont asséché des sols exsangues, qui encaissent un déficit hydrique toujours plus important en raison du manque de pluie.

Depuis deux mois, Philippe Dufour est contraint d'utiliser quotidiennement ses fourrages d'hiver pour nourrir ses 200 vaches. Dans son hangar, il ne reste que quelques ballots de foin stockés.

« D'habitude, le hangar est plein de foin à cette époque-ci. [Cette année] il est quasiment au 4/5e vide », remarque-t-il.

Un constat face auquel bien peu de solutions semblent exister à l’heure actuelle. De fait, « le foin va être introuvable », poursuit l’agriculteur. « Toute la France fait face aux mêmes conditions climatiques. En sachant que même s'il pleut bientôt, il faudrait qu'il tombe 100 à 150 millimètres pour que l'herbe reparte. On n'aura pas d'herbe avant le mois d'octobre. »

À lire aussi Réchauffement climatique: les canicules successives obligent les agriculteurs français et européens à s'adapter

Pour économiser le peu de foin qui lui reste, Philippe Dufour a dû trouver en urgence des solutions. Il compense, autant que faire se peut, en betterave, maïs et céréales. Mais l’opération a un coût : celui de l'adaptation au changement climatique.

« Depuis que j'ai commencé à donner du foin à mes vaches, j’estime que cela représente à peu près 15 000 euros par mois de dépenses supplémentaires », rapporte l’éleveur. « Face à ce phénomène, on subit plus qu'on est proactif. Mais on s'adapte. Ce qui m'inquiète aussi, c'est que l'on soit inondé l’année prochaine et que l’on se retrouve avec de l'herbe...

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