Comment j’ai décidé de ne plus porter de soutien-gorge – et ce que cela m’a appris
En Chine comme ailleurs, le regard masculin sur le corps des femmes structure largement les rapports sociaux dans l’espace public. La journaliste Lin Yu en a pris pleinement conscience quand elle a décidé de ne plus porter de soutien-gorge. Elle raconte sa découverte dans cet article publié sur la plateforme “Weixin” par le média en ligne “Qingnianzhi”.
Ne plus porter de soutien-gorge… L’idée m’est venue un soir d’été, pendant ma troisième année à l’université. J’assistais à une répétition de mon club de théâtre, vêtue d’un tee-shirt noir qui laissait apparaître les bretelles blanches de mon soutien-gorge. Mon petit ami de l’époque s’en est aperçu et a discrètement ajusté mon tee-shirt pour les cacher. Son geste m’a gênée.
Pourquoi ces bretelles ne doivent-elles pas être visibles ? Cela m’a fait penser à une anecdote de mes années de collège. Un jour, j’ai croisé une camarade de classe, très en retard, mais qui s’est arrêtée exprès pour me signaler que mes bretelles de soutien-gorge dépassaient. Quelle importance ? Qu’est-ce que cela voulait dire, à part prouver que j’en portais bien un ? Toutes les femmes en ont ; pourquoi vouloir cacher quelque chose d’aussi banal ?
Plus jeune, quand j’étendais le linge à la maison, munie d’une perche, ma mère insistait toujours pour que je n’accroche pas les soutiens-gorge et les culottes tachées par les règles en plein milieu de la corde à linge, et que je m’applique à les placer à une des extrémités. Pour quelles raisons seuls les vêtements féminins devaient être cachés dans un coin ?
Sans tenir compte de ses consignes, j’ai fait exprès, un jour, de suspendre mon soutien-gorge bien en vue,
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Weixin est le moyen de communication le plus populaire en Chine. Le groupe Tencent, auquel l’application de messagerie par texte, son ou image appartient, fait état de plus d’un milliard de comptes. Mais Weixin est aussi une plateforme où s’expriment la presse indépendante et la blogosphère, octroyant ainsi un espace de relative liberté aux Chinois, dans un environnement médiatique très contrôlé. On y trouve des reportages, des témoignages, des opinions, qui sont signalés par les internautes, faisant de cette plateforme un média extrêmement dynamique - qui n’échappe cependant pas à la censure. Weixin offre par ailleurs tant de services différents dans le domaine du commerce électronique que c’est aussi devenu un moyen de paiement des plus courants en Chine. L’application a aussi été lancée à l’étranger sous le nom de WeChat et offre des services en plusieurs langues étrangères, dont le français et l’anglais.
Article réservé aux abonnés Société. L’essor des espaces 100 % féminins en Chine, entre besoins de sécurité et de sororité
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