"Vous alliez faire quoi avec sept paires de lunettes ?" : au tribunal de Paris, itinéraire de cinq condamnés du 17 octobre
Le silence est interminable.
Dans la salle d'audience 2.05 du tribunal judiciaire de Paris , pleine à craquer, Andy M. reste muet devant les questions de la présidente, comme un enfant impressionné par les remontrances de son institutrice.
"Je m'interroge, pourquoi vous faites ça ?", lui demande sans détour la magistrate.
Le jeune homme de 23 ans, t-shirt blanc et traits tirés, hésite avant de déclarer, presque inaudible, qu'il voulait "juste manifester avec le reste du cortège dans de bonnes conditions".
"Malheureusement, les choses ont dégénéré", souffle-t-il.
C'est peu de le dire.
En ce lundi 19 octobre, Andy M. est l'un des premiers d'une longue liste de prévenus à être jugé en comparution immédiate, à la suite des manifestations du 17 octobre et des violences qui en ont découlé.
Comme des dizaines d'autres, il a été interpellé en fin d'après-midi sur les Champs-Elysées, où il est accusé d'avoir tiré un mortier sur les forces de l'ordre avant de prendre la fuite.
L'artifice a atterri sur une voiture de police, et le tout a été enregistré en vidéo.
En garde à vue, Andy M. n'a pas eu de mal à admettre les faits.
Mais devant les juges, il peine à s'expliquer.
Pourquoi était-il en possession, pour aller manifester, d'une cagoule, de gants, et d'un mortier assorti de plusieurs recharges ? D'ailleurs, que faisait-il sur cette avenue, par laquelle la manifestation officielle n'était pas censée passer ? Ses réponses tiennent en quelques mots.
Il aurait suivi un ami pour se révolter "par rapport à ce que les choses deviennent".
C'est ensuite ce dernier qui lui aurait procuré le matériel : le mortier devait servir à "animer l'événement", l'intention n'était pas de "blesser les gens", mais plutôt "d'apporter du soutien".
5News a agrégé ce résumé depuis le flux public du média. L'article complet, avec tout le contexte, est sur www.lexpress.fr — le contenu appartient à L'Express.