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Sahara occidental : en Espagne, ce projet de loi qui risque d'attiser les tensions avec le Maroc

L'Express ·
Sahara occidental : en Espagne, ce projet de loi qui risque d'attiser les tensions avec le Maroc

C'est une annonce qui promet déjà d'électriser un peu plus les relations entre l'Espagne et le Maroc.

La chambre basse du Parlement espagnol a approuvé une loi accordant la citoyenneté à des dizaines de milliers de personnes nées au Sahara occidental, territoire disputé, qui était administré par l'Espagne jusqu'en 1976, et dont le Maroc revendique désormais la souveraineté.

Les personnes nées au Sahara occidental avant 1977 et leurs descendants "sont restés dans une situation d’incertitude juridique et politique" pendant des décennies, a déclaré au Financial Times un représentant de la coalition de gauche Sumar, qui a porté le texte, adopté jeudi par 168 voix contre 31, tandis que 145 députés se sont abstenus.

"Reconnaître un droit" Le projet de loi "cherche à reconnaître un droit qui leur a été retiré au cours du processus de décolonisation du Sahara, un processus qui reste inachevé", a déclaré le groupe politique Sumar, qui estime qu'environ 80 000 personnes pourraient bénéficier de cette mesure.

Et d'ajouter : "L’Espagne a une dette historique envers le peuple sahraoui".

Si elle est confirmée par le Sénat, cette initiative risque d’ajouter une nouvelle source de tensions aux relations entre les deux pays, déjà mises à rude épreuve après l'arrivée de 70 000 migrants depuis le Maroc vers l’enclave espagnole de Ceuta.

Samir Bennis, cofondateur de Morocco World News , un site d’information anglophone, a écrit sur X que cette loi constituerait "un affront majeur" pour le Maroc et pourrait provoquer une "crise".

Selon lui, elle alimenterait le séparatisme sahraoui.

La souveraineté du Sahara occidental en question Ayant appartenu à l’Espagne jusqu’en 1976, le Sahara occidental est en majeure partie contrôlé par le Maroc mais reste un territoire non autonome pour les Nations unies.

Un conflit y oppose depuis 50 ans Rabat aux indépendantistes du Front Polisario, soutenus par l’ Algérie .

Et les efforts de l'ONU visant à organiser un référendum pour déterminer s’il doit être intégré au Maroc ou devenir indépendant sont bloqués depuis des décennies, même si le Maroc a réussi à rallier un large nombre de pays, dont la France, à sa cause.

Même si Madrid a apporté son soutien au plan marocain d’autonomie depuis 2022, après une précédente crise migratoire à Ceuta, certains analystes estiment que la crise de fin juillet dans l'enclave pourrait avoir été orchestrée par le Maroc comme un message envoyé à l’Espagne après une visite de Pedro Sánchez en Algérie en juillet.

Relations tendues après la crise de Ceuta Après une première fuite dans la presse, le gouvernement espagnol a déclassifié mercredi des rapports des services de renseignement et de sécurité, pour tenter de désamorcer les critiques formulées à propos de sa gestion de la crise.

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