RENCONTRE. L’ancien petit rat de l’opéra, danseur à Disneyland, est devenu maraîcher
Chaque samedi, sur le marché de Port-Louis, la file d’attente peine à se tarir, régulièrement alimentée par les amateurs de légumes bio et locaux. En ce mois d’août, les tomates sont reines. Ici, elles ont du goût… Derrière l’étal, le maraîcher a le sourire engageant, la barbe longue et l’accent marqué. Alors on papote et on comprend vite que l’histoire de Tim Verstraete n’est pas ordinaire.
Pour la raconter, il faut commencer par traverser la France jusqu’à une petite ville belge où vit un papa français, une maman flamande et un petit garçon qui apprend avec bonheur la danse classique. Pas très populaire dans les années 1980, avec les moqueries qui vont avec.
Qu’importe, à 11 ans, Tim entre au très réputé Stedelijk Instituut voor Ballet d’Anvers qui donne accès à l’opéra des Flandres. Petit rat de l’opéra, il en sort à 19 ans, rincé. « Avec l’adolescence, j’avais compris qu’une carrière de danseur classique professionnel, ce n’était pas pour moi. D’autant qu’à l’époque, il n’y avait pas beaucoup d’ouverture. La danse contemporaine était encore mal vue. »
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