Lourdes 2026, l’homélie du 15 août : « Marie n’a jamais vraiment quitté notre terre »
Chers frères et sœurs pèlerins, qu’il est beau ce mystère de l’Assomption de Marie, enlevée de cette terre en douceur, dans le silence et le secret au point que nos traditions s’y perdent, en indiquant toute une même vérité d’évidence : nul ne garde le souvenir d’un tombeau de Marie. À Jérusalem, nos frères orthodoxes gardent la mémoire d’un lieu d’endormissement au plus bas de la vieille ville.
Nous catholiques, nous faisons mémoire d’une assomption, d’une montée au ciel dans une église située au plus haut de cette même vieille ville de Jérusalem. On a vu Marie à Ephèse avec saint Jean, ou aux Saintes-Maries-de-la-Mer arrivée mystérieusement en bateau avec Lazare et ses sœurs Marthe et Marie. Peu importe, nous croyons que Marie n’a pas connu la mort humaine et la décomposition de son corps.
Ou plutôt si, Marie a connu la mort. C’était au pied de la croix, vivant dans sa chair la Passion et la mort de son fils. Voir mourir son enfant, pour des parents, c’est mourir. Une maman est là pour donner la vie, pas pour la voir partir. En cette fête de l’Assomption tout particulièrement, alors qu’il m’a été donné d’accompagner comme je le pouvais des parents dans l’épreuve du décès de leur fils, Sixte, je confie tout particulièrement à Marie toutes les mamans, les parents qui vivent ou ont vécu la terrible épreuve de la mort d’un enfant. Elle en sait l’indicible douleur physique autant que morale.
Me tenant aux côtés de ces parents dans l’épreuve j’ai pris davantage encore conscience de l’horreur des guerres. Ce poids de souffrance insupportable avec la mort d’un seul est à multiplier peut-être par mille en une seule journée de combats en Ukraine, de pilonnage à Gaza , en Iran, au Liban et en tant d’autres endroits dans le monde.
Ce qui n’est qu’images et chiffres, ce qui, bientôt, n’a plus vraiment de réalité humaine, sortant même de nos fils d’actualité encombrés, c’est ce qui fait saigner le cœur de tant de mères, de tant pères, et brise tant de familles. Chacune de ces morts fait saigner le cœur de Marie, quelle que soit la religion de la famille endeuillée, de la famille amputée. Il est vital de prier et de demander instamment un arrêt de tous les combats, d’appeler à cette paix désarmée et désarmante selon l’expression de Christian de Chergé , le prieur des moines de Tibhirine, reprise par le pape Léon.
À un moment où la guerre est redevenue à la mode selon les mots du Saint-Père , où la loi de la force a remplacé la force de la loi selon les mots du cardinal Parolin, il nous faut de toutes nos forces nous engager sur le chemin de la justice et de la paix, de l’arrêt des massacres de vies humaines comptées pour rien aux yeux des puissants, et unique aux yeux du Tout-puissant qui ne veut perdre aucun de ses enfants. Qu’il est bon qu’une prière pour la paix monte de façon incessante depuis Lourdes en ces jours de pèlerinage. Que ceux qui la portent en soient vivement remerciés !
Oui, Marie est morte au pied de la croix et pourtant sa vie ne s’est pas arrêtée et d’une certaine manière elle a pris une nouvelle dimension, une nouvelle fécondité, un nouvel envol. Nous retrouvons Marie au cénacle entouré des apôtres, et c’est la première Église.
5News a agrégé ce résumé depuis le flux public du média. L'article complet, avec tout le contexte, est sur www.la-croix.com — le contenu appartient à La Croix.