Voiture électrique : payer sa recharge à l’aveugle, ça suffit !
Devoir calculer de tête 24,92 × 0,61 ou 63,62 × 0,39, ce n’est clairement pas ma tasse de thé. Et vous ?
Pas plus tard qu’hier, alors que je rechargeais une voiture que j’ai en test de 7 à 80 % sur une borne Ionity, je me suis rendu compte que je le faisais « à l’aveugle ». Avec une voiture qui encaisse 325 kW, la facture grimpe vite et je ne suis pas assez rapide pour tenir le compte. C’est seulement une fois rentrée chez moi que j’ai découvert le montant final : 24,71 €. Même sans être à l’euro près, la sensation de ne pas savoir ce que l’on paie sur le moment reste franchement désagréable.
Une bonne partie des opérateurs de recharge rapide semblent prendre un malin plaisir à tester nos capacités en calcul mental. Pourquoi ? Parce que le montant total en temps réel n’apparaît quasiment nulle part, en dehors éventuellement de l’application du réseau. Quel autre service du quotidien accepte-t-on de payer sans connaître la somme finale au moment du règlement ? Drôle de concept !
Pourtant, des progrès ont été faits dans le secteur. L’arrivée des TPE (paiement par carte bancaire) sur les bornes rapides est une bénédiction pour les utilisateurs occasionnels, même si cela se paie (littéralement) au prix fort. Et le règlement européen AFIR (Alternative Fuels Infrastructure Regulation, UE 2023/1804 ) impose désormais d’ afficher clairement les tarifs au kWh et les éventuels frais d’occupation avant le début de la session, peu importe la forme que cela prend (totem, affichage à l’écran, etc.).
Mais aucune obligation légale n’impose l’affichage du montant total estimé ou en temps réel, comme sur une pompe à essence. Non pas que l’on soit nostalgique de l’idée de mettre 15 € tout rond dans sa batterie comme on le faisait à la station-service, mais cette information est cruciale. L’Autorité de la concurrence l’avait pourtant souligné dans son avis du 30 mai 2024.
Si quelques acteurs comme Electra, Engie ou Tesla (et probablement d’autres) tirent leur épingle du jeu en affichant le coût en direct dans l’application, l’écran de la borne, lui, reste muet. On y lit sans problème le voltage ou l’ampérage, mais sur le prix, c’est silence radio. Comme si la télémétrie technique importait plus que le portefeuille de l’usager. Pour quelques obsédés des données, cela a peut-être du sens, mais pour le grand public ?
Pour les automobilistes qui surveillent leur budget, notamment pendant les vacances, il faut attendre le relevé bancaire quelques jours plus tard pour faire les comptes lorsqu’on a choisi le paiement par CB . Pire pour les professionnels : cette solution de paiement sur borne ne délivre aucun justificatif comptable (ni ticket, ni facture électronique). Pour avoir une note de frais en bonne et due forme, il faut impérativement passer par une application ou un badge RFID, tant pis pour les autres. Est-ce même encore légal ? Je m’interroge.
Si le comptage manque de clarté sur les bornes rapides, c’est encore pire sur la recharge lente (AC), qui ne possèdent souvent même pas d’écran. Dernièrement, j’échangeais avec un confrère de Mac4Ever.
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