"Une avalanche de roches et de glace": comment expliquer les inondations qui ont fait au moins 165 morts au Népal?
Une crue spectaculaire et dévastatrice à la frontière entre le Népal et le territoire chinois du Tibet est survenue ce mercredi 26 août causant la mort d'au moins 165 personnes. Plus d'un millier sont toujours disparus, selon les autorités.
Les experts soupçonnent un effondrement glaciaire d'être à l'origine de puissant torrent de boue. S'il est encore trop tôt pour établir un lien définitif avec le changement climatique, les conséquences largement documentées qu'il peut avoir sur le "toit du monde" augmentent la probabilité de tels événements.
D'après l'Institut d'études géologiques des États-Unis (USGS), référence mondiale en sismologie, la crue dévastatrice a été provoquée par un effondrement de glacier. À l'origine, l'USGS a relevé là un tremblement de terre de magnitude 4,4, ensuite réévaluée à 5,2.
Elle a finalement établi "que cet événement sismique était dû à un effondrement glaciaire et à une coulée de débris qui ont entraîné des conséquences catastrophiques en aval", d'après son site internet.
Plus tôt, le ministre des Affaires étrangères du Népal Shishir Khanal avait avancé qu'un tremblement de terre avait probablement provoqué un glissement de terrain, ce qui a bouché le lit d'une rivière, provoquant cette crue dévastatrice en aval.
Népal : au moins 160 morts et des centaines de disparus – 26/08 45:40 Le Centre international pour le développement intégré de la montagne (ICIMOD) basé à Katmandou, n'a détecté "aucune anomalie" du côté chinois de la frontière. "Nous pensons qu'une avalanche de roches et de glace s'est produite au Népal, bloquant la rivière Lhende et causant la crue", explique à l'AFP Sarthak Shrestha, analyste en télédétection et géoinformation au Centre international.
Hatim Sharif, hydrologue à l'Université du Texas à San Antonio, s'est pour sa part étonné de l'absence de précipitations avant la catastrophe : "Cela met en échec pratiquement tous les systèmes opérationnels d'alerte aux inondations dans le monde".
Les solutions pour échapper à ce type de calamités, quand le flot arrive, sont limitées. "Courir n'aidera pas", tout comme essayer de s'enfuir dans son véhicule, affirme Hatim Sharif. La boue et l'eau évoluant à très haute vitesse forment une combinaison mortelle s'apparentant à "du béton liquide".
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