Marché immobilier : pourquoi la reprise se fait attendre
Après trois années compliquées, avec un net ralentissement du nombre de transactions et des baisses de prix partout en France , le marché immobilier a retrouvé un peu d’allant fin 2025.
"A partir d’octobre, nous avons enregistré un rebond de notre activité, car les acquéreurs sont revenus, attirés à la fois par des taux de crédit stables et des prix plus bas", se remémore Julien Haussy, président et fondateur d’Espaces Atypiques.
Cette appétence s’est poursuivie au premier trimestre 2026, avant que le printemps ne vienne doucher les espoirs d’une reprise plus marquée.
"Le premier trimestre, que nous pensions initialement exceptionnellement dynamique, s’est finalement avéré bon, mais en dessous de nos attentes, notamment en raison du déclenchement de la guerre en Iran", regrette Alexander Kraft, PDG de Sotheby's Realty France.
Ce conflit a entraîné une flambée brutale des cours du pétrole et relancé les craintes d’un retour de l’inflation qui vient grignoter le pouvoir d’achat.
Les taux directeurs ont grimpé légèrement, entraînant dans leur sillage une hausse des taux de crédit , qui atteignent désormais 3,5 % sur vingt ans en moyenne.
Nouvelle érosion des prix Une nouvelle dynamique s’est alors enclenchée sur le marché immobilier : comme leurs budgets de financement ont été revus à la baisse, les acheteurs ont négocié plus fortement, et fermement, les prix.
En face, les vendeurs, persuadés que la crise immobilière était terminée , n’ont pas ajusté leurs prétentions assez rapidement.
Pire encore, certains ont proposé, et proposent toujours, leurs logements à des prix plus élevés que l’an dernier, persuadés qu’ils vont trouver preneur.
Le grippage du marché a alors recommencé, avec des durées de vente qui s’allongent et dépassent souvent trois mois même dans les grandes métropoles dynamiques.
"Nous réalisons des ventes à un rythme régulier, mais comme les acquéreurs ont davantage de choix, ils visitent beaucoup et le stock de logements augmente de mois en mois", confirme Mickaël Marchand, directeur d’Efficity à Nantes.
Conséquence immédiate : les prix qui retrouvaient une certaine stabilité ont recommencé à s’éroder légèrement.
Mais cette légère baisse tarifaire ne correspond pas à tout le marché, car elle est calculée sur le prix des biens… effectivement vendus.
C’est-à-dire ceux qui affichent les meilleures prestations en comparaison des autres.
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