La Chine reporte in extremis sa mission historique Chang’e 7 vers la Lune : pourquoi ça compte
L’une des missions lunaires les plus ambitieuses de l’Histoire devait décoller ce week-end depuis la Chine. Mais le lancement a été reporté in extremis, et personne ne sait jusqu’à quand. Un coup de frein malvenu dans la course face aux États-Unis.
Chang’e-7 est la mission robotique la plus sophistiquée jamais envoyée par la Chine vers la Lune. Composée d’un orbiteur, d'un atterrisseur, d'un rover et d'un petit engin sauteur, elle doit se poser près du pôle sud pour y traquer la glace d’eau nichée dans des cratères plongés dans l’obscurité depuis des milliards d'années.
Un objectif loin d’être anecdotique : cette ressource pourrait un jour permettre de ravitailler la future base lunaire permanente de l’Empire du Milieu.
Et si le pays avance effectivement sur le terrain des fusées réutilisables , il vient de subir un sérieux revers dans son programme lunaire. La fusée Longue Marche 5 avait pourtant rejoint son pas de tir à la base de lancement de Wenchang, sur l’île de Hainan. Mais le typhon Narra, qui s’est renforcé dans le golfe du Tonkin, a eu raison du calendrier. Les autorités chinoises ont d’abord tenté de gagner un jour, avant de se résoudre, ce 23 août, à tout annuler.
L’agence spatiale chinoise s’est contentée d’un communiqué laconique, évoquant des conditions non réunies cette année, sans plus de précision. Pas étonnant venant de Pékin, la Chine étant coutumière de la discrétion sur ses activités spatiales, d’autant plus lorsqu’il s’agit d’une mission aussi cruciale.
Chang’e-7 doit en effet se poser avec une précision inédite pour un engin chinois, à moins de 100 mètres de sa cible, probablement le rebord du cratère Shackleton. De là, son rover ira sonder le sous-sol au radar, tandis que son vaisseau sauteur plongera directement dans l’obscurité permanente d’un cratère voisin pour y forer et analyser la matière à la recherche de glace, de méthane et d’autres composés volatils, avant de devoir regagner la lumière pour continuer à fonctionner.
Il s’agit d’une chorégraphie hautement complexe, rendue possible par 18 instruments scientifiques répartis sur les quatre engins de la mission, dont plusieurs conçus avec des partenaires internationaux dont l’Italie, la Russie, la Thaïlande et l’Égypte.
Si certaines sources évoquent une nouvelle tentative dès le mois de septembre, un report à 2027 semble bien plus probable. Car la fenêtre de lancement de Chang’e 7 dépend d’un alignement précis entre la Terre et la Lune : inutile de prendre le moindre risque. Mais la pression est bel et bien là.
En amont, Washington avance ses pions. La NASA prévoit de lancer la mission VIPER vers le pôle sud de la Lune en 2027 pour également y chercher des réserves d’eau glacée, tandis que Blue Origin ambitionne de poser son atterrisseur Blue Moon Mark 1 l’année prochaine. Le report de Chang’e 7 au-delà de quelques mois pourrait donc suffire à faire perdre à la Chine sa possible avance sur ce terrain.
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