Pérou: la lourde condamnation des assassins de Quinto Inuma, un espoir pour les défenseurs de l'Amazonie
Au Pérou, la justice a prononcé lundi des peines allant jusqu'à 35 ans de prison contre quatre personnes reconnues coupables de l'assassinat de Quinto Inuma, chef indigène et défenseur de l'Amazonie tué en novembre 2023. Une sentence saluée comme historique par les avocats des victimes, dans un pays où l'impunité reste la norme pour ce type de crime.
Après huit mois d’enquête et de procès, les assassins de Quinto Inuma sont désormais condamnés et la famille est soulagée : « Cette décision apporte enfin une forme de paix à notre famille », lâche Kevin Arnol Inuma. Il a perdu son père, défenseur de l’environnement, en novembre 2023, tué par balles, et trouve satisfaction dans cette décision de justice : « Savoir que les coupables sont derrière les barreaux et qu'une peine exemplaire de 35 ans a été prononcée donne l'espoir que les assassins de défenseurs de l'environnement arrêtent de tuer en toute impunité au Pérou . »
Quinto Inuma était apu, c’est-à-dire le chef de sa communauté. Une communauté kichwa, un peuple natif du nord du Pérou et de l’Équateur. Il s'opposait à la déforestation illégale et à l'avancée du narcotrafic sur son territoire de Santa Rosillo de Yanayacu, dans la région de San Martín. Pour s’y être confronté directement en déposant plusieurs plaintes, il a été abattu alors qu'il rentrait chez lui après une réunion avec d'autres défenseurs des droits humains. Alors même que le mécanisme de protection de l’État pour les défenseurs de l’environnement était censé lui garantir sa sécurité.
Presque 3 ans plus tard, le 24 août 2026, le tribunal a condamné quatre responsables à des peines allant de 15 à 35 ans de prison, la peine la plus lourde correspondant au maximum prévu par le droit pénal péruvien avant la perpétuité. Kevin Arnol Inuma se félicite du travail de la justice : « C'est ce que nous voulions, qu'il y ait une justice, un procès exemplaire à l'échelle du Pérou . »
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Pour Cristina Gavancho, avocate de la famille dans le procès, cette décision dépasse en effet le seul cas de Quinto Inuma. « Nous considérons que cette décision est une décision exemplaire , félicite-t-elle. C'est un message fort pour dire qu'au Pérou, l'impunité ne sera pas tolérée en cas d'assassinat de leaders indigènes. » Un vrai message d’espoir pour les victimes : « j’espère que ça facilitera aussi l’accès à la justice pour les défenseurs de l’environnement. »
C'est la première fois qu'un homicide sur commande visant un défenseur de l'environnement est condamné aussi lourdement au Pérou. C’est aussi la première fois que les coupables sont capturés, jugés et écroués. Et cette fois, l'avocate insiste sur la méthode qui a permis d'aboutir à cette condamnation : « Je pense que le fait de s'être déplacé à Tarapoto et d'avoir eu un contact direct avec les témoins oculaires de l'assassinat a forgé la conviction qui a mené à la condamnation prononcée lundi » observe-t-elle.
Le procès avait lieu à distance, la communauté en question est à plus de 6 heures de Tarapoto, dans l’Amazonie péruvienne, ville déjà loin de la capitale Lima.
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