« Chacun est libre d’aimer qui il veut » : un an après le suicide d’une institutrice, 200 personnes lui rendent hommage
« Nous espérons que les choses avancent » : un an après le suicide d’une institutrice victime de harcèlement en raison de son homosexualité dans le Cantal, plus de 200 personnes lui ont rendu hommage, ce samedi 29 août 2026, à Aurillac, a constaté une correspondante de l’Agence France-Presse (AFP) .
« De voir tant de monde, ça m’aide. D’avoir des mots, d’avoir du soutien, de savoir que je ne suis pas seule », a déclaré Christine Paccoud, la veuve de l’enseignante.
Les participants se sont rassemblés dans le centre de la préfecture cantalienne, avant d’entamer une courte marche menée au côté de la veuve par des anciens collègues et élèves de l’enseignante, au son de ses musiques préférées.
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Caroline Grandjean, 42 ans, était la cible depuis septembre 2023 de harcèlement en raison de son homosexualité et s’est suicidée le 1 er septembre 2025, u n drame qui a suscité l’émoi dans le monde enseignant et au-delà.
Des tags « sale gouine » et « gouine = pédophile » avaient notamment été découverts sur les murs de son école de Moussages, un village du Cantal de 200 habitants.
Une enquête avait été ouverte après ces inscriptions mais classée sans suite en mars 2025. En arrêt maladie, l’enseignante s’était vu proposer un poste à quelques kilomètres de Moussages pour la rentrée scolaire mais avait été incapable de reprendre son travail alors.
Ce samedi, le nouveau maire de Moussages, élu en mars, était présent. « Ce que je condamne aujourd’hui, c’est l’injustice : que ce soit de l’homophobie ou du racisme, pour moi c’est de la bêtise humaine », a déclaré Virgile Leclerc.
« Le premier combat a été remporté puisque l’administration a reconnu sa responsabilité dans ce drame », a rappelé Me Stéphane Juillard, avocat de Christine Paccoud, également présent au rassemblement.
Début février, l’Éducation nationale avait admis une « défaillance institutionnelle » après une enquête administrative.
Pour l’avocat, un « deuxième combat » reste à mener : « Retrouver le corbeau ».
« Les circonstances sont difficiles, Caroline Grandjean était quelqu’un qui était plein de vie, c’est encore difficile. Pendant l’année écoulée, j’étais en mode survie, en mode automatique », a confié Myriam Pabka, professeure des écoles et amie proche du couple.
Chez les participants, l’hommage était tout aussi important que la cause. « Chacun est libre d’aimer qui il veut », déclare Maëlle Le Meur, 25 ans. « Même dans des petites villes, il y a des drames de cette ampleur. On n’entend pas assez les voix des gens qui se portent mal. »
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