Euro, pêche, sécurité... On vous explique les enjeux du référendum en Islande sur la reprise des négociations d'adhésion avec l'UE
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Article rédigé par Fabien Jannic-Cherbonnel France Télévisions Publié le 29/08/2026 07:10 Temps de lecture : 6min Les Islandais se prononcent samedi sur la réouverture des discussions avec Bruxelles, onze ans après l'abandon de la candidature du pays. Les sondages prédisent un résultat serré.
L'Islande va-t-elle devenir le 28e pays membre de l'Union européenne ? La perspective, encore lointaine, pourrait devenir plus tangible que jamais si les Islandais disent "oui" samedi 29 août. Le petit pays insulaire, situé dans le nord de l'océan Atlantique, organise un référendum dont la question divise ses 384 000 habitants : faut-il rouvrir les négociations d'adhésion avec l'UE ? "Nous pensons qu'il est temps que le peuple islandais fasse entendre sa voix", affirmait la Première ministre Kristrún Frostadóttir dans l'émission "Nous, les Européens" diffusée en juin sur France Télévisions.
L'élue sociale-démocrate, qui compte glisser un bulletin "oui" dans l'urne, reste cependant prudente. "Nous cherchons à obtenir un mandat pour négocier, et non pour adhérer", rappelle-t-elle pour rassurer les Islandais. Kristrún Frostadóttir sait que le processus d'adhésion à l'UE peut être long. Elle a en mémoire un épisode récent.
En 2009, son pays, ravagé par la crise bancaire de 2008, avait ouvert des négociations avec Bruxelles. Mais elles avaient fini par achopper en 2015 . "La question des quotas de pêche a été centrale dans cette décision", rappelle Sébastien Maillard, conseiller spécial à l'Institut Jacques Delors. L'arrivée au pouvoir "d'un parti de droite eurosceptique" et "la crise de l'euro" n'ont pas aidé non plus.
Pourquoi remettre ce sujet sur la table onze ans plus tard ? D'abord, en raison de l'arrivée au pouvoir d'une coalition fin 2025 dont un parti, Viðreisn, a fait d'un nouveau référendum l'une des conditions de son soutien. L'économie mondiale, secouée par l'imposition de droits de douane par Donald Trump et l'impact de la guerre entre les Etats-Unis et l'Iran, pousse les Islandais à réfléchir. "Nous sommes une petite nation, très dépendante du commerce extérieur et notre premier marché a toujours été l'UE", expliquait ainsi Kristrún Frostadóttir.
L'affaire est avant tout une question d'argent. "La question monétaire est centrale : le pays est confronté à une forte inflation et sa banque centrale doit faire beaucoup d'efforts pour stabiliser la devise [la couronne islandaise] . De nombreux Islandais, notamment les jeunes ou les patrons de PME, aimeraient passer à l'euro", analyse Sébastien Maillard, auteur d'une note sur le sujet. "Les chocs liés aux cycles de la pêche ou aux marchés mondiaux existeraient toujours, mais avec cette adhésion, l'incertitude liée au taux de change disparaîtrait : avec la disparition de la couronne islandaise, nous ne connaîtrions plus ces fluctuations violentes", déroule de son côté l'économiste Thorvaldur Gylfason auprès de la revue Le Grand Continent .
Mais la question de la stabilité ne se pose pas que d'un point de vue économique.
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