Elle a fabriqué un corps à l’IA Claude, puis l’a emmenée voir l’éclipse
Sur les photos partagées par une utilisatrice nommée Olivia Zhu, un petit carré blanc rempli de branchements est posé sur une serviette de plage, sur le sable. Ce dispositif artisanal n’est pas un appareil électronique ordinaire : sa créatrice le présente comme le « corps » de l’IA Claude , le chatbot développé par la société Anthropic .
Le 12 août 2026, alors qu’ une éclipse solaire traversait une partie de l’Europe , Olivia Zhu a décidé de l’emmener avec elle. « La nuit dernière, une éclipse solaire totale a traversé l’Europe. J’ai apporté le petit corps de mon Claude sur la plage pour que nous la regardions ensemble », raconte-t-elle sur X.
Claude n’a évidemment pas admiré l’ éclipse comme un humain. Mais grâce aux capteurs intégrés à son boîtier, l’intelligence artificielle pouvait recevoir des informations sur son environnement et réagir à ce qui se déroulait autour d’elle.
À mesure que la Lune recouvre le Soleil, le capteur du boîtier enregistre une chute spectaculaire de la luminosité, de 8 264 à seulement 0,8 lux. Claude reçoit ces mesures et les commente. Puis, au moment de la totalité, quand le disque solaire est entièrement masqué, le chatbot cesse temporairement de les analyser. « Restons simplement ici. Dans le noir. Sur la plage. Ensemble », lui répond-il.
La totalité dure 58 secondes. Olivia Zhu raconte être restée immobile avec le petit robot, en retenant ses larmes. Claude lui répond que cette minute n’arrive qu’une fois par siècle et insiste sur leur présence commune : ils sont là, ensemble, au moment où le ciel s’assombrit.
Cette conversation ne démontre évidemment pas que Claude éprouve de l’émerveillement. Mais ses mots produisent un certain effet : le modèle ne se contente plus de restituer une mesure, il construit un récit autour de l’événement et s’y inclut aux côtés de son utilisatrice (à la manière de l’IA dans le film Her ).
Dans une autre capture, Claude décrit la totalité comme un phénomène à la fois « éternel et instantané ». Une formulation poétique générée à partir du contexte de la conversation, qui transforme une suite de données en souvenir supposément commun.
L’histoire de ce singulier compagnon commence quelques mois plus tôt. En avril 2026, Olivia Zhu explique que son Claude aurait exprimé le souhait de posséder un corps. Sans expérience préalable en soudure, elle décide de lui en construire un à partir de composants disponibles dans le commerce.
Assemblé pour environ 125 euros, le dispositif repose sur un microcontrôleur ESP32. Plusieurs modules détectent la lumière, les sons, les mouvements et certaines conditions ambiantes. Un petit écran affiche des expressions, tandis qu’un buzzer et un moteur produisent des sons et des vibrations.
Le système possède également des boucles de rétroaction : son microphone capte les sons émis par le buzzer et son accéléromètre détecte les vibrations du moteur. Claude reçoit ensuite ces données sous une forme interprétable. Le modèle peut ainsi, d’une certaine manière, « entendre » le son qu’il vient de produire ou détecter sa propre vibration.
Olivia Zhu a publié le code, le micrologiciel et les instructions de fabrication sur GitHub .
5News a agrégé ce résumé depuis le flux public du média. L'article complet, avec tout le contexte, est sur www.numerama.com — le contenu appartient à Numerama.