Influenceurs : la grande fatigue des internautes
C’est le scandale de l’été sur les réseaux sociaux américains : un panneau accroché dans un magasin de paniers artisanaux à Nantucket, une île de l’État du Massachusetts, indique “Pas d’influenceurs” .
Simple coup de gueule ou symptôme d’un véritable ras-le-bol du monde consumériste de l’influence ?
Ce commerce américain n’est pas le premier à signifier aux créateurs de contenu qu’ils ne sont pas les bienvenus. Déjà, en 2023, un café de Brooklyn, à New York, interdisait les photos et vidéos à l’intérieur de l’établissement, “sauf ‘petit cliché rapide’ ”, rappelle un article de USA Today .
Le quotidien américain rapporte que ledit café avait même écrit en story Instagram : “Nous aussi on adore les photos d’assiettes et de boissons (évidemment qu’on adore ça)… Mais les séances photo pour TikTok et Instagram ont pris trop d’ampleur à notre goût.”
En 2023, aux États-Unis encore, une route de la ville de Pomfret, dans le Vermont, dont le paysage était devenu très populaire grâce aux réseaux sociaux, était envahie par les touristes. Elle a été fermée pendant un mois par le conseil municipal en raison d’ “importants risques pour la sécurité des personnes, l’environnement, la beauté des sites et la qualité de vie”, cite USA Today.
Le magazine britannique Dazed rappelle qu’en 2020 les réactions (ou l’absence de réactions) des influenceurs face à la pandémie et au confinement ou au mouvement Black Lives Matter “avaient laissé un goût amer à beaucoup d’internautes, au point qu’on se demandait si les influenceurs n’étaient pas définitivement finis” .
Aujourd’hui, ils sont encore là. Et s’ils ne semblent pas près de disparaître, ce sont sans doute les attentes de leurs abonnés qui changent.
D’ailleurs, pour Dazed, les critiques de plus en plus nombreuses de la part des internautes “interrogent leur rôle dans la grande roue à hamster du capitalisme, dont beaucoup sont las” .
Il est peu probable que le monde de l’influence s’appuie un jour sur autre chose que le consumérisme : toute l’économie de cette profession en dépend.
Mais on peut peut-être s’attendre à ce que le public, lui, se tourne vers d’autres personnalités, peut-être plus engagées politiquement et dont le fonds de commerce ne repose pas entièrement sur la publicité et les partenariats.—
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