Mort d'Edouard Balladur : de Mai 68 à son duel avec Jacques Chirac, une vie politique en trois actes
Des couloirs de Matignon en mai 1968 au ministère de l’Economie en 1986, en passant par le siège du RPR dans la course pour l’Elysée en 1994, plongée dans trois années marquantes de la vie politique d’Edouard Balladur à travers nos archives.
Mai 68 - Aux premières loges Edouard Balladur était, à 39 ans, conseiller du Premier ministre Georges Pompidou.
De Matignon, il a vécu, heure par heure, le voyage express du Général à Baden-Baden.
Dans L’Express du 1er mai 2008, il raconte ce jour où la France n’avait plus de président… Quel est le climat qui règne à la veille du 29 mai ? Edouard Balladur : En début de semaine, les négociations de Grenelle avaient pris fin, j’avais rédigé le texte des accords, approuvé par Georges Pompidou.
Malheureusement, ils avaient été rejetés à Billancourt.
Le mardi 28, j’avais accompagné le Premier ministre pour une rencontre avec les fonctionnaires.
Le climat de tension était extrême, cela s’était mal passé.
Le 29, avec la manifestation de la CGT de la Bastille à la gare Saint-Lazare, à laquelle s’était joint le Parti communiste, était donc considéré comme un jour très dangereux.
Le Premier ministre avait donné l’ordre de rappeler des parachutistes, des fusiliers marins et des unités de chars à proximité de Paris, car l’hypothèse d’un assaut contre les bâtiments officiels ne pouvait être écartée.
Certains sont même venus proposer à Matignon que chacun ait une arme pour se défendre ! Commence cette journée de mercredi.
Habituellement, il y a Conseil des ministres… En effet, mais nous apprenons assez vite qu’il est annulé.
De Gaulle prévient Pompidou : "J’ai du mal à dormir depuis plusieurs jours.
Je pars me reposer à Colombey.
Je reviendrai demain.
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