La nouvelle prime pour les voitures électriques d’occasion est particulièrement décevante
Il aura fallu attendre le 12 août 2026 pour voir publier au Journal officiel l’un des textes très attendus concernant les primes à l’achat de véhicules électriques d’occasion . L’arrêté du 10 août 2026 crée la fiche CEE « TRA-EQ-133 » : un nouveau dispositif qui promet sur le papier une aide pouvant atteindre jusqu’à plus de 2 000 €, mais qui est en réalité réservée à quelques cas très spécifiques.
Pour les acheteurs particuliers, il faudra se contenter d’un coup de pouce d’environ 330 €. Une somme relativement dérisoire qui résonne comme une mauvaise blague lorsqu’on la recontextualise.
Pour espérer bénéficier de l’aide de 337 € en moyenne (42,2 MWh cumac par véhicule : le montant varie sensiblement selon les certificats d’économie d’énergie), le texte officiel impose un cumul de critères stricts qui restreint considérablement le nombre d’acheteurs éligibles, ainsi que les véhicules ciblés :
Depuis la suppression de l’ancien bonus occasion de 1 000 € en février 2024, l’État avait tout simplement abandonné le marché de l’occasion électrique. Après un peu plus de 3 ans d’existence, le gouvernement estimait que les véhicules électriques d’occasion, moins chers que les modèles neufs, nécessitaient moins de soutien public. La mesure répondait aussi à un objectif d’économie budgétaire, avec environ 25 millions d’euros d’économies attendues. Seules subsistaient alors quelques aides locales très disparates dans certaines régions.
Pendant ce temps, le gouvernement a continué à encourager l’achat de véhicules neufs, par le biais du bonus écologique (puis du coup de pouce CEE) et du leasing social , une solution censée permettre aux foyers modestes d’accéder au véhicule électrique (neuf).
Accorder 330 € environ pour une voiture de seconde main qui coûte en moyenne 15 000 € à 20 000 €, c’est à peine plus élevé que les primes accordées pour un vélo électrique ou un quadricycle sans permis . Par rapport à l’ancien bonus occasion de 1 000 €, ouvert aux particuliers pour une électrique d’occasion âgée d’au moins deux ans et conservée deux ans, la nouvelle aide CEE est plus ciblée et bien moins généreuse. Elle impose notamment un achat auprès d’un professionnel, une batterie affichant plus de 80 % de capacité et un engagement de conservation ou de location de trois ans.
La nouvelle aide comporte trois niveaux : un forfait de base d’environ 337 €, puis une bonification multipliant le volume de CEE par quatre (soit environ 1 350 €) lorsque le véhicule est affecté à des prestations au bénéfice d’un ménage en précarité énergétique, et par six dans les autres cas éligibles pour les professionnels de l’aide à domicile, soit environ 2 000 à 2 360 €.
Difficile, en revanche, de comprendre à qui s’applique exactement le coefficient 4 et donc l’aide d’environ 1 350 € : les joies du langage administratif.
Le montant maximal est réservé à une bonification temporaire destinée aux services autonomie à domicile et aux professionnels de l’aide, de l’accompagnement et des services à la personne sans distinction de localisation.
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