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Guerre au Soudan: ce qu'affirment les paramilitaires qui ont fait défection

RFI ·
Guerre au Soudan: ce qu'affirment les paramilitaires qui ont fait défection

Depuis début 2026, plusieurs officiers des Forces de soutien rapide (FSR) ont fait défection et rejoint l’armée soudanaise. Dernier ralliement en date : le passage au camp gouvernemental, le 20 août, du général Moussa Ali Ahmad dit Moussa Khamsine, avec plus de 315 hommes et une cinquantaine de véhicules armés. Plusieurs de ces déserteurs ont témoigné dans les médias après avoir rejoint. Ces confidences doivent être lues à l’aune de leur contexte : un passage à l’ennemi pendant lequel il faut prouver sa valeur. Mais elles fournissent des éléments neufs sur la structure des FSR, les rapports de force qui s’y déroulent et les connexions régionales des paramilitaires. Ces défections soulèvent aussi des questions sur la solidité du groupe : s’agit-il d’une véritable érosion ou ces départs sont-ils limités ?

Avant sa défection, le général de division Moussa Ali Ahmad, dit Moussa Khamsine, combattait l'armée régulière du Soudan au Darfour du Nord. Le 19 août 2026, il a été reçu avec les honneurs par le major-général al-Nour al-Qobba, un autre transfuge qui l’a précédé en avril dernier, l’un des déserteurs les plus en vue des Forces de soutien rapide (FSR) . Al-Qobba l’a aidé à préparer sa désertion.

Les raisons de ce départ de Moussa Khamsine ? Ce dernier mentionne sa déception par rapport au « projet des FSR pour établir un nouvel État ».

Khamsine et al-Qobba sont loin d’être des cas isolés : une dizaine d’officiers importants des FSR ont rejoint l’armée régulière.

Les défections touchent aussi les membres de la branche politique des paramilitaires. Fares al-Nur, ancien conseiller du commandant des Forces de soutien rapide et membre du Conseil présidentiel au sein du gouvernement parallèle (Alliance Tasis) mis en place par les FSR, a annoncé sa démission du conseil ainsi que de sa fonction de gouverneur du Darfour.

D’autres conseillers du général Mohamad Hamdane Dogolo, dit Hemedti, le chef des FSR, ont aussi démissionné durant les derniers mois.

Depuis, certains de ceux qui ont rejoint le camp gouvernemental se sont livrés dans les médias. Ils ont évoqué dans ces interviews le fonctionnement des paramilitaires, les rapports de force au sein du commandement et les connexions régionales des dirigeants FSR.

Témoignages de circonstance au moment d’un ralliement ? Description de faits réels ? Ce qu’ils disent mérite en tout cas d’être examiné.

Parmi tous les déserteurs dans les rangs des commandants de terrain des FSR, le colonel Ali Rizkallah, dit al-Savana, est celui qui a été le plus prolixe en révélations. Ce colonel a déserté en mai dernier avec 5 000 combattants des FSR en passant par le Soudan du Sud , avant de rejoindre les zones contrôlées par l’armée. Il a été responsable du secteur des aéroports dans les zones contrôlées par les FSR.

À écouter aussi Édition spéciale - Le Soudan, pays brisé par une guerre sans fin

Al-Savana raconte qu’Hemedti a été gravement blessé au tout début de la guerre. Il affirme qu’il déprime, qu’il est isolé et qu’il n’est plus aux commandes. Hemedti, selon cet officier, souffre toujours de ses blessures, et circule entre Nyala (sud-ouest du Soudan), les Émirats arabes unis et le Kenya.

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