Ils devront savoir ce qu'est un crédit ou être à découvert: l'éducation financière devient obligatoire pour les élèves de 4e, mais avec quels profs pour enseigner les bases?
Dix ans après le lancement de la stratégie nationale "Educfi", menée par les ministères de l'Education nationale et de l'Economie en partenariat avec la Banque de France, les cours d'éducation financière deviennent obligatoire dès la rentrée de septembre 2026, au collège, pour les élèves de 4e. Voilà deux ans qu'Alexane, professeure d'anglais dans un collège de 300 élèves à Neuvic, à l'ouest de Périgueux (Dordogne), consacre environ trois heures d' éducation financière à ses élèves de 4e. Une discipline développée depuis dix ans par les ministères de l'Éducation nationale et de l'Économie et des Finances, en partenariat avec la Banque de France, dans le cadre de la stratégie nationale "Educfi". Juqu'ici faculative, l'éducation financière devient obligatoire pour ces adolescents dès la rentrée scolaire en septembre 2026.
"C'est vraiment des bases sur ce qu'est un crédit, être à découvert, une carte bleue ou comment remplir un chéquier", explique l'enseignante. "Cela intéresse les élèves, ils sont plutôt curieux. Parfois, ça les aide à comprendre ce qu'il se passe chez eux à la maison, les discussions de leurs parents, etc.", ajoute-t-elle. "Cela les sensibilise aussi aux fraudes, on leur rappelle bien de ne jamais écrire son code confidentiel de carte bancaire quelque part", poursuit Alexane.
"Et je dis souvent à mes élèves qu'à leur âge, je n'avais pas accès à ces cours et que j'ai dû apprendre à gérer mon argent par moi-même", souligne cette jeune trentenaire qui fera dans les prochains jours sa huitième rentrée des classes dans le rôle de professeure d'anglais.
Plutôt littéraire, Alexane aurait pourtant pu se sentir mal à l'aise de donner ces cours assez éloignés de sa matière de prédilection. Car il n'y a pas vraiment de professeur spécifiquement dédié à cet enseignement.
"Dans mon établissement, la principale a demandé aux professeurs principaux s'ils étaient partants de donner ces cours", détaille l'enseignante.
Mais chaque collège n'est pas forcément aussi bien organisé que celui où Alexane enseigne l'anglais. Après cinq ans d'exercice en tant que professeur d'histoire-géographie dans le Val-d'Oise, en région parisienne, Thibaut craint que la généralisation des cours d'éducation financière dans les classes de 4e ne soit "qu'un effet d'annonce".
"Franchement, ça ne mange pas de pain et on ne part pas de zéro. Le ministère nous fournit un diaporama tout prêt et on n'a qu'à présenter les notions", souligne Alexane. "Et si parfois, il arrive qu'on me pose une question à laquelle je n'ai pas la réponse, ce n'est pas grave, j'assume de ne pas tout savoir et j'invite les élèves à faire leurs recherches pour approfondir", développe l'enseignante.
Le déchiffrage : Épargne, l'éducation financière attendue au tournant - 09/07 17:18 Le seul bémol selon Alexane, c'est que "cela empiète sur nos heures de vie de classe". Il s'agit de temps d'échanges consacrés par les professeurs principaux à leurs élèves, dans la limite de dix heures par an pour aborder le climat scolaire, prévenir le harcèlement ou préparer l'orientation scolaire des élèves.
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