Sabrina Roubache, ministre de la Formation professionnelle : "Nous allons nettoyer le secteur d'ici 18 mois !"
Dépenses douteuses, manque de contrôle , formations de qualité inégale, informations parfois trompeuses...
Certains organismes et filières de formation professionnelle et d'apprentissage, dont les formations sont soutenues par des fonds publics, perdurent en France malgré les exigences de la certification Qualiopi, obligatoire depuis 2022 pour accéder à ces financements.
Par un décret signé début août et qui entrera en vigueur le 1er novembre , le gouvernement Lecornu souhaite lutter plus efficacement contre les fraudes et renforcer la qualité des formations en durcissant les critères de Qualiopi.
Que cela changera-t-il concrètement ? Pourquoi l'Etat n'a-t-il pas davantage anticipé ces dérives ? Sabrina Roubache , ministre déléguée chargée de l'Enseignement et de la Formation professionnels et de l’Apprentissage, répond aux questions de L'Express.
L ’ Express : Le nouveau décret visant à renforcer la certification Qualiopi et qui entrera en vigueur le 1er novembre prochain devrait permettre un meilleur contrôle des organismes de formation et des CFA.
Concrètement, que va-t-il changer ? Sabrina Roubache : Déjà, il faut rappeler que Qualiopi est la condition pour toucher de l’argent public.
Avec cette réforme, c’est la première fois que le sujet de la qualité pédagogique apparaît dans les critères de Qualiopi : on va vérifier notamment que le contenu de la formation, que le niveau des formateurs et que les temps en entreprise sont bien cohérents avec la formation dispensée.
Ensuite, le nouveau Qualiopi intensifie la lutte contre la fraude.
C’est une priorité du gouvernement et ce décret la met en application : désormais on vérifie que l’organisme de formation n’est pas une coquille vide.
Le chef d’établissement doit être présent, l’inspection doit se faire dans les locaux.
Le nouveau Qualiopi permet également de s’attaquer à la communication commerciale parfois mensongère de certains acteurs.
L’organisme de formation ne pourra plus dire n’importe quoi sur l’intitulé du diplôme ou qu’un Bachelor permet d’accéder automatiquement à un Master alors que ce n’est pas le cas.
Cela empêchera les mensonges par omission.
Les parents payaient, parfois très cher, et s’en rendaient compte trop tard, une fois que leur enfant avait terminé sa formation ! De la même manière, il ne sera plus possible de traficoter le taux d’insertion à la sortie de la formation.
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