La Chine séduit, l’Amérique déçoit : le grand basculement du soft power autoritaire, par Catherine Fieschi
Il y a encore peu, le match d’image entre les Etats-Unis et la Chine semblait joué d’avance – du moins dans nos démocraties.
L’un avait ses défauts, ses guerres, ses excès ; l’autre restait une puissance autoritaire dont la réussite économique impressionnait sans séduire.
Or ce temps semble révolu.
La dernière enquête du Pew Research Center est saisissante : dans 25 des 36 pays étudiés, la Chine est désormais mieux perçue que les Etats-Unis.
En France, 36 % en ont une opinion favorable, contre 27 % pour les Etats-Unis ; en Allemagne, 33 % contre 27 %.
Au Canada : 44 % contre 33 %.
En Allemagne, pendant que l’opinion réévalue Pékin, l’industrie subit de plein fouet le choc chinois.
Entre 2021 et 2025, les exportations allemandes vers la Chine ont chuté d’un cinquième ; les exportations automobiles ont, elles, été presque divisées par deux.
Et cela dans les secteurs – automobile, mécanique, équipements électriques – où l’Allemagne avait bâti sa puissance.
Bref, un terrain peu propice à la fascination.
Cette embellie chinoise doit évidemment beaucoup à l’effondrement américain.
Donald Trump a réussi ce tour de force : rendre Xi Jinping rassurant.
Xi, en somme, c’est un peu Poutine sans la guerre à sa porte, et avec une vraie réussite économique.
Même promesse de verticalité, mais enveloppée dans le vocabulaire de la stabilité, de la planification et de la performance industrielle.
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