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"Nous avons flirté avec une mini-récession" : l'équation budgétaire de la France se complique

L'Express ·
"Nous avons flirté avec une mini-récession" : l'équation budgétaire de la France se complique

Dans la dernière ligne droite en vue de la présentation du projet de loi de finances (PLF) 2027, la nouvelle ne fait pas les affaires de Bercy et de Matignon.

Le 28 août dernier, l'Insee a révisé à la baisse son estimation de la croissance française : -0,2 % pour le premier trimestre, contre -0,1 % précédemment et 0 % pour le deuxième trimestre, au lieu de +0,2 % auparavant.

Un avertissement de taille pour la suite.

"Nous avons flirté avec une mini-récession, alerte Maxime Darmet, économiste senior France chez Allianz Trade.

La France s'est vraiment distinguée du reste des grands pays de la zone euro par une faiblesse économique très marquée." Une correction qui devrait compliquer encore plus l'équation budgétaire déjà délicate du gouvernement, dont la prévision de croissance pour 2026 est de 0,7 %.

Selon plusieurs spécialistes interrogés, le PIB devrait croître au maximum de 0,6 % cette année.

On s'oriente même plutôt vers 0,5 %, sans compter les multiples incendies de l'été dont les effets sur l'économie n'ont pas encore été totalement pris en compte.

Avec des conséquences substantielles sur des finances publiques déjà fragiles.

"Si le PIB est inférieur d'un point à ce qui était prévu, le déficit public se creuse d'environ un demi-point de PIB, la moitié.

Si l'on passe d'une prévision de 0,7 à 0,5 % cette année, l'effet sur le déficit est de l'ordre de 0,1 point de PIB, soit trois milliards d'euros", chiffre le fondateur du site Fipeco, François Ecalle, spécialiste des finances publiques.

Pour l'heure, l'objectif de ramener le déficit à 5 % en 2026 n'a pas été remis en question.

La France plus scrutée que jamais Bercy a déjà dû ajuster le tir à plusieurs reprises.

"La prévision de croissance de l'exécutif a d'abord été de 1 %, puis 0,9 et enfin 0,7", rappelle l'ancien haut fonctionnaire.

Le ministère a procédé à des gels, surgels et autres annulations de crédits… Mais la boîte à outils s'avère très limitée pour contenir un déficit public malmené par la guerre en Iran et les incendies, qui ont nécessité des dépenses exceptionnelles.

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