"Soit vous évoluez, soit vous finissez par mourir": des campings continuent de mettre la clé sous la porte en France alors qu'ils n'ont jamais autant eu la cote (leur chiffre d'affaires a été multiplié par six depuis 2000)
Alors que la fréquentation des campings français a explosé depuis le début du siècle, leur nombre ne cesse de diminuer. Les petites structures sont souvent contraintes de mettre la clé sous la porte, dépassées par l'évolution des attentes des clients et la montée en gamme des concurrents. Qu'il semble loin le temps où les campings apparaissaient comme une destination ringarde, réservée aux classes populaires. Aujourd'hui, ils n'ont jamais eu autant la cote et attirent des quatre coins de la France et de l'Europe. Pour preuve, leur fréquentation a encore augmenté de 4,5% en 2025, avec 29 millions de clients, soit 10 millions de plus qu'au début du siècle. Pourtant, malgré ce nouvel engouement, leur nombre ne cesse de diminuer. Chaque année, 50 à 100 établissements ferment leurs portes pour des raisons économiques et la France a perdu 1.600 emplacements de son parc en 25 ans. Une érosion qui touche particulièrement les structures municipales ou de petite taille.
Car le camping a bien changé en 25 ans. Les campeurs viennent désormais chercher un certain confort, notamment dans les mobil-homes ou autres chalets, qui occupent depuis peu la majorité des emplacements en France. Une aubaine pour les tenanciers, alors qu'on estime qu'une tente rapporte cinq fois moins de revenus qu'une location en dur.
Les campings plus traditionnels et intimistes se retrouvent ainsi à la traîne dans leurs revenus et dans l'incapacité de se moderniser. Le début de la fin, alors que les attentes de confort grandissent d'année en année.
Un constat qui se vérifie par les chiffres. Alors que les campings premiums, de 4 et 5 étoiles, ne représentent que 23% du parc français, leurs logements en dur accueillent plus de 60% des nuitées annuelles. Parfois détenu par de gros groupes - Capfun, Huttopia , European Camping Group... - ils sont capables d'accueillir plusieurs milliers de résidents et aspirent à la fois les habitués des petits campings, attirés par de meilleures conditions, et les nouveaux clients, soucieux d'avoir un toit plutôt qu'une toile au-dessus de la tête.
Ils ont surtout fait passer le secteur dans une autre dimension. Depuis le début du siècle, le chiffre d'affaires des campings a flambé, passant de 800 millions à 4,7 milliards d'euros, en hausse de presque 500%.
En 2025, 30% des campeurs étaient des touristes, principalement allemands, anglais et hollandais . Ils ont forcément été attirés par la montée en gamme française ces dernières décennies. Pays européen le moins bien noté par les spécialistes dans les années 1980, il est désormais celui qui affiche le plus grand nombre de "Superplätze", la meilleure qualification de l'ADAC, le guide de référence.
Reste que cette popularisation du logement en dur ne plaît pas à tous les campeurs, notamment les expérimentés de la sardine et du réchaud. Une pétition lancée en 2023 et intitulée "Sauvons le vrai camping" a convaincu plus de 40.000 signataires. Elle regrette que "de plus en plus de campings n'acceptent plus les campeurs", au profit de logements plus rentables.
Une affirmation rejetée par Nicolas Dayot, qui estime que "les nouveaux clients n’ont pas fait disparaître les clients d’origine".
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