Marineland : le zoo de Beauval renonce finalement à accueillir les dauphins
Le directeur général du ZooParc de Beauval, Rodolphe Delord, a annoncé mardi 25 août renoncer à son projet de centre d’accueil de dauphins, destiné notamment à accueillir certains cétacés du Marineland d’Antibes. Une décision justifiée, selon lui, par le coût du chantier, désormais estimé à 45 millions d’euros, contre 25 à 30 millions initialement, en raison des recours juridiques engagés à son encontre, mais aussi de l’absence d’engagement du gouvernement.
« Les incertitudes juridiques et financières qui pèsent aujourd’hui sur le projet ne nous permettent pas de le mener dans des conditions acceptables » , a déclaré Rodolphe Delord, évoquant également « le refus du gouvernement qu’une partie du financement puisse bénéficier d’une garantie de l’État » .
Il y a un an, le projet décrit comme « hors norme » et imaginé « à la demande du gouvernement et de certaines associations » , était présenté comme une solution viable pour les dauphins du Marineland d’Antibes , dont le sort reste incertain depuis la fermeture du parc en janvier 2025. La structure, qui devait s’étendre sur deux hectares et demi de surface, comprenait une dizaine de bassins, dont trois immenses lagons, et ainsi devenir un centre d’études, de recherche scientifique et de sauvegarde des dauphins.
« Nous avions prévu d’accueillir environ 25 dauphins » , dont au moins huit des douze cétacés du Marineland d’Antibes et « onze de Planète Sauvage » , parc animalier situé près de Nantes, a rappelé Rodolphe Delord.
Dès l’officialisation du projet, une dizaine d’ONG, dont C’est Assez ! et One Voice, s’y étaient opposées, allant jusqu’à déposer plusieurs recours en justice et à organiser des rassemblements. Elles dénonçaient notamment la reproduction des cétacés en captivité et la possibilité de transferts, qu’elles estiment contraires aux dispositions de la loi de 2021 sur le bien-être animal.
D’autres, comme Sea Sea Shepherd, avaient dit adopter une « approche pragmatique » en soutenant l’idée de Beauval, sans autre solution crédible pour ces dauphins. « La reproduction d’un dauphin est limitée et contrôlée » , s’est défendu Rodolphe Delord, estimant que « s’opposer ne suffit pas » .
Huit des douze dauphins du Marineland d’Antibes, fermé en janvier 2025, ont été transférés en Espagne en juillet , dans un parc à Benalmádena, près de Malaga, dans le sud de l’Espagne.
Sans Beauval, ils pourraient finalement être envoyés en Asie, dans « des hôtels ou des parcs d’attractions » , d’après Rodople Delord. « Nous sommes vraiment inquiets pour leur avenir » , a conclu le directeur du zoo de Beauval, dont l’établissement a accueilli deux millions de visiteurs et réalisé 113 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2023.
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