Interdiction du voile : "La destitution de Marine Le Pen ne serait pas impensable si..."
Que Marine Le Pen se rassure, à l’heure où les politiques peinent à percer le mur du son, son parti sait encore provoquer le débat.
La volonté énoncée par Jean-Philippe Tanguy d’interdire le port du voile dans la sphère publique a suscité les exclamations tantôt horrifiées tantôt atterrées des candidats à la présidentielle.
Tous s’accordent sur un point : cette proposition se heurtera au mur constitutionnel et à notre laïcité.
Pendant que les uns éructent, autour de la candidate du Rassemblement national, la gêne.
Pour défendre la mesure, ses soutiens brandissent mollement le référendum et l’article 11 de la Constitution.
Tandis que Jordan Bardella , le favori d'hier, peu favorable à une promesse qui fait immédiatement reculer l'entreprise de dédiabolisation de plusieurs cases, promène son scepticisme sur les plateaux.
Faisabilité, opportunisme, stratégie politique...
Pour y voir plus clair, nous avons fait appel à notre éminent chroniqueur et professeur de droit émérite Denys de Béchillon .
L'Express : Le Rassemblement national a affirmé, par la voix de Jean-Philippe Tanguy, sa volonté de "sanctionner le port du voile" dans l’espace public.
La loi de 2004 contre les signes religieux à l’école et celle de 2010 contre la dissimulation du visage dans l’espace public sont fondées sur des principes différents.
Dans le premier cas, il est question de neutralité du service public ; dans le second, il s’agit de la sécurité dans l’espace public.
Quel principe pourrait justifier la proposition du RN ? Denys de Béchillon : À part l’opportunisme électoral, je ne vois pas bien… Plus sérieusement, vous avez raison, il faut sauter loin pour passer de l’état actuel de notre droit à une prohibition générale du port du voile.
Nous avons aujourd’hui trois régimes sectoriels de restriction, qui trouvent chacun une justification spécifique.
Primo, l’école.
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