De l'Ukraine au Moyen-Orient : des guerres de munitions, mais aussi de boucliers
Sept morts à Kiev suite à des frappes de missiles balistiques à la fin du mois d’août.
Deux personnes tuées et huit blessées à Boryspil, dans la banlieue de Kiev.
3 morts et 15 blessés dans la région de Zaporijia.
Sans compter les 16 morts et plus de 130 blessés dans l’attaque, pas des drones cette fois-ci, d’un centre commercial de Kryvyï Rih, dans le centre de l’Ukraine.
Cette litanie illustre l’extrême difficulté dans laquelle se trouve le peuple ukrainien.
Contrairement au début de la guerre, le pays n’est plus réellement en mesure d’intercepter tous les missiles que la Russie envoie quotidiennement.
Cette pénurie d’intercepteurs n’est pas nouvelle, mais elle est mécaniquement la conséquence d’une difficulté technique : pour arrêter un missile, il faut un autre missile, et ce n’est pas simple.
Les principaux systèmes d’interception – le Patriot américain et les systèmes franco-italiens SAMPT et SAMPT-NG – sont des systèmes extrêmement complexes.
Dotés de radars sophistiqués, d’un système central de contrôle et de désignation des cibles, et de missiles très performants, ils sont très longs et coûteux à produire.
Prenons par exemple le missile franco-italien Aster 30 lancé par le SAMPT.
Produit par le consortium Eurosam détenu par les sociétés MBDA et Thales, il s’agit d’un missile de défense mer-air et sol-air de près de 5 mètres de hauteur, capable de neutraliser un missile adverse jusqu’à 20 kilomètres d’altitude.
Outre sa propulsion, la technologie unique de ce missile connue sous le nom de Pif-Paf (si, si) – pilotage en force-pilotage aérodynamique fort – lui confère une maniabilité et une agilité extrême.
C’est une merveille de technologie.
Et c’est bien cela le problème car le missile prend quelques dizaines de mois pour être produit.
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