Dette : ce scénario où la France s’en sort, mais fait sombrer l’euro
Bruxelles commence à prendre conscience de l’ampleur de son problème français.
Pour l’Union européenne, il s’agit d’un nouveau problème interne évitable qui risque de détourner l’attention des crises plus importantes qui se déroulent à l’échelle mondiale.
La flambée des prix de l’énergie , la hausse des taux d’intérêt , un président américain imprévisible et une éventuelle guerre commerciale avec la Chine s’ajoutent au mécontentement croissant des électeurs et à une dérive vers les extrêmes politiques.
Le problème ne réside même pas dans le modèle macroéconomique français.
Paris reste au cœur d’une économie mondiale dotée d’atouts économiques évidents.
Que ne donnerait pas l’Allemagne pour bénéficier, à l’heure actuelle, des tarifs d’électricité ou des capacités militaires de la France ! Non, la menace que représente la France pour l’Europe est bien plus spécifique.
Elle tient à la dynamique de la dette française, et plus directement à l’incapacité des responsables politiques à proposer (et encore moins à mettre en œuvre) un plan crédible de réduction de la dette publique.
Ce problème n’est pas nouveau.
Mais l’incapacité de la France à maîtriser ses dépenses publiques doit être replacée dans son contexte.
En 1986, la dette française représentait à peine 30 % du PIB (contre 40 % pour l’Allemagne).
Berlin a ensuite consacré des milliers de milliards d’euros à l’ancienne Allemagne de l’Est après la réunification.
Elle a également mené à bien un douloureux réajustement économique au début des années 2000, alors qu’elle était largement considérée comme "l’homme malade de l’Europe".
Aujourd’hui, Berlin injecte des centaines de milliards d’euros d’investissements dans son économie en difficulté.
Sa marge de manœuvre budgétaire – un ratio dette/PIB inférieur à 70 % – donne au chancelier Merz la latitude politique nécessaire pour remédier aux faiblesses économiques du pays.
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