"Je ne perds pas espoir": un an après le suicide de Caroline Grandjean, sa veuve espère toujours des réponses
Une marche pour ne pas oublier. Christine Grandjean-Paccoud, la veuve de Caroline Grandjean-Paccoud, organise ce samedi à Aurillac (Cantal) une marche en hommage à son épouse. Caroline Grandjean, enseignante et directrice d'école, s'est donné la mort le 1er septembre 2025, jour de la rentrée scolaire.
Elle avait été harcelée pendant près de deux ans en raison de son homosexualité. Un courrier sur lequel était écrit "va crever sale gouine" avait notamment été retrouvé dans la boîte aux lettres de l'établissement. Des tags "sale gouine", "dégage la gouine" mais aussi "gouine = pédophile" avaient également été découverts sur les murs de son école de Moussages, un village du Cantal de 250 habitants.
Suicide d’une directrice d’école: l’échec du ministère de l'Éducation face aux violences homophobes ? 17:24 Malgré le dépôt de plusieurs plaintes, l'enquête avait été classée sans suite. La directrice avait fini par quitter son poste dénonçant l'indifférence de l'Éducation nationale. L'institution avait proposé de la changer d'établissement, contre son gré. Dans des écrits laissés avant sa mort, Caroline Grandjean-Paccoud évoquait un "acharnement" et un manque de soutien de la part de sa hiérarchie.
Après la mort de son épouse, Christine Grandjean-Paccoud a déposé plainte contre le maire de Moussages, qui n'est plus en poste, mais aussi contre l'Éducation nationale. L'enquête administrative a conclu en février dernier à une "défaillance institutionnelle dans le soutien" apporté à Caroline Grandjean.
Christine Grandjean-Paccoud, l'épouse de la directrice d'école Caroline Grandjean-Paccoud, à l'origine de la marche d'hommage, s'exprime un an après auprès de BFM.
Cette semaine est compliquée à gérer. L'année a été compliquée, je ne l'ai pas vue passer, je n'ai même pas l'impression qu'une année s'est écoulée. Ce matin, ça allait très mal. Mais voilà, je m'écroule un bon coup, je pleure un bon coup, j'ai besoin d'évacuer toutes les tensions, toute la tristesse et puis, après, je redémarre. Mais je vis pour Caroline, je vis pour sa mémoire et je vis pour lui rendre justice. Et d'une certaine manière, Caroline continue d'être avec nous.
Pour ne pas oublier. Parce que ça n'avance pas très vite, l'enquête, les négociations avec le service juridique de l'Éducation nationale, tout ça piétine. À part la reconnaissance des responsabilités, c'est tout ce qui s'est passé. Je ne veux pas que ça tombe dans l'oubli, j'avais besoin de faire quelque chose.
Non, mais je ne perds pas espoir. Rien n'est fini avec le corbeau. Avec mon avocate, je me porterai partie civile, le juge d'instruction reprendra le dossier et l'enquête reprendra. Avoir un nom, c'est primordial. Même si je sais que, juridiquement, il n'arrivera pas grand-chose à cette personne.
Le ministère a reconnu sa responsabilité, d'accord. Mais s'il y a une responsabilité, il y a donc des responsables! Le rapport parle aussi de micro-faits (le rapport évoque "une succession de microdécisions", NDLR). Ce mot, je ne le supporte pas. Des micro-faits qui conduisent quelqu'un jusqu'à la mort? Non, ce ne sont pas des micro-faits. Il y a des faits, des mots, des décisions, des non-décisions.
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